Affaire SNC-Lavalin: un discours-fleuve à la Chambre des communes

OTTAWA – Pour dénoncer les agissements du gouvernement Trudeau dans le dossier SNC-Lavalin, les conservateurs ont récidivé lundi en perturbant de nouveau le fonctionnement de la Chambre des communes.

Cette fois, les parlementaires ont eu droit à un discours-fleuve de la part du député conservateur Pierre Poilievre qui a commencé lundi et qui se poursuivra jusqu’à jeudi. M. Poilievre monopolise ainsi la période réservée aux discours en réaction au dépôt du budget fédéral.

Selon les règles des Communes, il n’y a pas de durée limite à ces discours.

«Je vais continuer de parler à la Chambre de communes jusqu’à ce que Justin Trudeau mette fin au camouflage sur l’enjeu SNC-Lavalin et qu’il permette à tous les témoins [clés] de paraître en comité», a souligné le député.

Quatre jours de séance sont à l’horaire pour débattre du budget 2019. Les autres travaux parlementaires ne sont pas retardés par la manœuvre de M. Poilievre et les heures où les députés siègent ne sont pas prolongées plus tard en soirée.

Lors de la présentation du budget mardi de la semaine dernière, les conservateurs ont chahuté le discours du ministre des Finances, Bill Morneau, l’empêchant de le prononcer pendant de longues minutes, pour ensuite quitter en bloc l’enceinte des Communes.

«Camouflage»

Les conservateurs accusent les libéraux d’avoir utilisé le jour de dépôt du budget pour détourner l’attention des Canadiens de l’affaire SNC-Lavalin.

Le même jour, le comité parlementaire de la justice a mis fin à son examen de l’affaire. Depuis, un autre comité, celui de l’éthique, a refusé de se pencher sur le dossier.

En outre, la tactique employée par M. Poilievre survient deux semaines après que son parti eut entraîné la Chambre dans un marathon de votes, forçant les élus à passer la nuit au parlement.

Au centre de l’affaire SNC-Lavalin se trouve l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould qui allègue avoir subi des pressions indues et inappropriées de la part du premier ministre et de son entourage afin qu’elle intervienne pour éviter un procès à la compagnie d’ingénierie montréalaise.

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