Agressions sexuelles: elle témoigne contre son ex-coach

Un coach de gymnastique de haut niveau aurait profité du rêve d’une jeune athlète de participer aux Olympiques afin d’abuser sexuellement d’elle à répétition, a émotivement témoigné cette dernière au tribunal, ce matin.

« Ça devenait répétitif, sur un trampoline, le vestiaire, dans le gymnase, dans son bureau… Il me disait que c’était bien d’apprendre avec un adulte. Je faisais ce qu’il disait, c’était de l’exécution, je ne disais rien et je pleurais », raconté la victime alléguée de Michel Arsenault.

Arsenault, 57 ans, est accusé d’agression sexuelle et de voies de fait sur six jeunes, pour des faits qui se seraient déroulés dans les années 90. Son enquête préliminaire a commencé ce matin au palais de justice de Montréal, avec le témoignage de la première plaignante.

« À ce moment, mon rêve était d’aller aux Jeux Olympiques de Barcelone, a expliqué la femme maintenant âgée dans la quarantaine. C’était un coach de haut niveau, on imitait les Soviétiques, on faisait ce que les coachs disaient, ils avaient parfois notre vie entre leurs mains. »

La victime alléguée, qu’il est interdit d’identifier, a expliqué qu’au début, elle avait entièrement confiance en Arsenault. Décrit comme un entraîneur discipliné et « très sérieux », il aurait toutefois commencé à trop s’approcher de la femme, comme une fois en 1991 lors d’un camp d’entraînement.

Lors d’une baignade, il se serait collé à elle de très près pour manifester son excitation, a témoigné la femme.

« J’avais 17 ans sans jamais avoir eu de chum, mais on avait des gabarits de petites filles, pas de femmes », a-t-elle dit.

Les contacts physiques se seraient multipliés dans la région de Québec, parfois en prétextant des massages.

« Une fois, sa main s’est retrouvée entre mes cuisses, ce n’est plus du thérapeutique pour les mollets », a expliqué la témoin.

Arsenault aurait d’ailleurs été très ouvert avec la victime alléguée, qui n’osait rien dire.

« Il m’a déjà dit qu’il n’avait plus de sexe avec sa femme, qu’elle n’était plus attirante et qu’il était malheureux… Il m’a dit que c’était bien d’apprendre de la même façon, avec un adulte. »

Le témoignage, devant la juge Marie-Josée Di Lallo se poursuit toute la journée, au palais de justice de Montréal.

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