André Lamontagne a péché par inexpérience, selon Laurent Lessard

Le ministre de l’Agriculture André Lamontagne a commis une erreur de débutant en prenant sur lui le congédiement d’un agronome du MAPAQ, selon son prédécesseur libéral Laurent Lessard, qui ne s’ennuie pas des moments parfois difficiles de la vie politique. 

«C’est l’inexpérience, lance l’ex-politicien, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. Ce n’est pas le ministre qui congédie les employés. Ça, c’est la règle 101 en politique, il y a deux boss dans la cabane : un des politiques publics [le ministre], l’autre de l’administration publique [le sous-ministre], quand tu respectes ça, ça va bien, tu ne fais pas [la une] des journaux.» 

Contradictions 

Après avoir dit qu’il avait personnellement autorisé le congédiement d’un lanceur d’alerte au sein de son ministère, le caquiste André Lamontagne s’est ravisé et contredit plusieurs fois. 

«Il l’a appris à la dure» 

Celui qui a dirigé le ministère de l’Agriculture à plus d’une reprise dans sa carrière politique croit toutefois que son successeur n’a pas à s’en faire. 

Les agriculteurs, eux, ne lui en tiendront pas rigueur. 

«On me dit qu’il est disponible, qu’il est engagé, c’est ce que les producteurs demandent. Il a fait un faux pas et s’est amendé rapidement, il l’a appris à la dure», insiste Laurent Lessard, qui vient de se joindre à une firme de génie-conseil comme responsable du développement des affaires dans les domaines de la transformation alimentaire et de la transformation du bois. 

Basée à Thetford Mines, dans son fief, mais avec un rayonnement à la grandeur de la province, Formation Lean Expert est spécialisée dans le conseil aux entreprises pour améliorer leur productivité. 

L’ex-ministre libéral a lui aussi connu son lot de controverses, surtout vers la fin de son dernier mandat. Une période difficile, notamment pour sa famille, reconnaît-il. 

«Je ne m’ennuie pas de la politique, pis j’écoute encore avec un œil avisé, pis critique évidemment, mais mes yeux sont ailleurs.» 

Les Transports, «un ministère rough» 

Et le portefeuille dont il s’ennuie le moins, c’est sans aucun doute le ministère des Transports, qu’il a piloté de 2016 à 2017. 

«C’est un ministère rough. Je vois [le ministre caquiste François] Bonnardel, il y a toujours une mauvaise nouvelle par jour aux Transports», se remémore-t-il. 

Malgré tout, Laurent Lessard est encore convaincu que le choix du service public permet réellement de changer des choses. 

Le deuil de la vie politique n’est d’ailleurs pas si facile, même lorsqu’on part de son plein gré après mûre réflexion, comme lui. «C’est sûr que la vie arrête. Ça tombe tranquille […] si tu reçois un courriel, c’est peut-être toi qui te l’es envoyé!» ironise-t-il. 

Les nouveaux députés libéraux comme Marwah Rizqy qui bouleversent les habitudes du parti 

«Dans notre temps aussi, on en avait des personnalités qui faisaient les nouvelles. […] N’importe quel parti, il y a des gens qui ont des points de vue forts, il y en a qui sont très à droite, d’autres très à gauche, et d’autres au centre, mais ensemble, ils finissent par bâtir ce qui est nécessairement pour leurs politiques publiques. Elle (Marwah Rizqy), elle en fait partie, nous autres, on avait Fatima Houda-Pepin. C’est des personnalités qui ont des opinions tranchées.» 

Les problèmes à la Société des traversiers du Québec et les déboires de son navire F.-A. Gauthier

«(Le problème à la STQ), c’est un problème d’organisation, la grande décentralisation a amené une disparité dans les services et la déresponsabilisation. C’est l’imputabilité le problème.»

Contenu similaire