Berthierville: un monastère difficile à sauver, selon le promoteur

L’acheteur du monastère patrimonial de Berthierville a tenu vendredi à « remettre les pendules à l’heure » et assure que ses démarches en vue de démolir l’immeuble ont été faites dans les règles de l’art.

« La vente s’est faite le vendredi [29 mars], j’ai eu le permis de démolition lundi, c’est vrai, explique l’entrepreneur André St-Martin. Mais il a fallu six mois de démarches auprès de la municipalité et de la MRC, avant la vente, pour obtenir les permis. Ça n’a pas été fait dans la semaine. »

Le gouvernement du Québec a décrété jeudi une ordonnance pour empêcher pendant 30 jours la démolition de l’ancien monastère des dominicaines. Les ouvriers qui étaient déjà sur le site ont arrêté les travaux.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a pris cette décision quand les médias ont dévoilé la destruction imminente du bâtiment, qui, selon la MRC de D’Autray, a une valeur patrimoniale « exceptionnelle ». La ministre a dit avoir bon espoir de pouvoir protéger le monastère.

Mais selon le président de Construction Germain St-Martin, les soeurs dominicaines ont tout fait pour trouver un acheteur. Sept ans après avoir quitté les lieux, elles ont décidé de le vendre à M. St-Martin en sachant très bien que son projet était de le démolir. Une des conditions de la vente était l’obtention des permis, dit-il.

« Le bâtiment peut être sauvé si quelqu’un veut investir cinq, six millions », précise l’homme d’affaires.

« Il y a de l’amiante, alors il faudrait décontaminer, refaire le chauffage, l’électricité… Il y a beaucoup de fenêtres en bois à réparer, dit-il. Moi, j’ai beau vouloir mettre des millions pour le convertir, je n’ai pas d’acheteur. Il faudrait que la Ville ou le gouvernement intervienne. »

« C’est une partie de notre histoire »

La MRC de D’Autray avait recommandé à Berthierville de protéger l’édifice, en raison de sa valeur patrimoniale et de son bon état de conservation. La municipalité a choisi de ne pas le faire.

« En fait, ni les [religieuses] ni la Ville n’avaient les ressources financières pour rénover ou restaurer un bâtiment d’une telle envergure », a expliqué Berthierville dans un communiqué. « Pour la Ville, faire l’acquisition du bâtiment n’était pas envisageable. Ce geste aurait mené à une augmentation importante de la charge fiscale des Berthelais. »

L’acquéreur veut raser le monastère pour construire de 60 à 70 bungalows. « C’est un projet d’une trentaine de millions », dit-il. André St-Martin attend maintenant la décision de Québec.

Les défenseurs du patrimoine espèrent que le monastère de style néo-roman sera sauvé. « C’est une partie de notre histoire, de notre patrimoine, disait cette semaine Maryse St-Amand, de la Corporation du patrimoine de Berthier. Comment ça se fait que cette décision a été prise sans consulter la population ? Tout le monde est pas mal sous le choc. »

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