Chicane d’héritage sur des œuvres de Réjean Ducharme

La succession du célèbre artiste Réjean Ducharme s’entredéchire, au point où des amis du défunt ont saisi le tribunal pour récupérer plusieurs de ses tableaux.

« La liquidatrice […] refuse de donner suite à l’intention [du défunt] de donner ses Trophoux ou ses Roch Plante à ses deux amis », se plaignent ces derniers dans une poursuite civile rendue publique jeudi au palais de justice de Montréal.

Charles Forget et Stefan Georgesco sont deux amis de Réjean Ducharme, un grand artiste québécois décédé en 2017 et connu pour son roman L’avalée des avalés et pour les paroles de Mon pays, chantée par Robert Charlebois.

À son décès, M. Ducharme a légué une grande partie de ses œuvres à la Fondation du TNM et aux archives nationales du Canada. Une série de tableaux du catalogue Trophoux et signés Roch Plante devait être léguée au duo. Le reste était destiné à la liquidatrice Monique Jean, qui est aussi une amie du défunt.

Tableaux signés

Dans le document de cour, il est allégué que Mme Jean a plusieurs fois changé de version sur le nombre d’œuvres d’art que les deux hommes devaient recevoir.

C’est que dans le testament, il est indiqué que les deux hommes devaient recevoir les « tableaux signés Roch Plante ». Or, il y en aurait seulement trois qui sont signés RPlante, les autres ne l’étant pas.

« Si M. Réjean Ducharme avait voulu au sens propre ou graphique faire référence à sa signature, il aurait écrit : “Je lègue mes tableaux signés RPlante” », rétorquent les deux amis du défunt en rappelant qu’aucune œuvre de Ducharme n’est signée de son pseudonyme complet.

Jouer sur les mots

MM. Forget et Georgesco accusent ainsi la liquidatrice de jouer sur les mots, puisque cela permettrait à la femme de prendre possession de ces œuvres.

Ils s’inquiètent également du fait qu’une partie de l’héritage a été offerte au Musée de la civilisation de Québec, sans savoir s’il y avait des œuvres leur appartenant.

Contacté par Le Journal, le musée a toutefois assuré qu’aucun Trophoux n’en faisait partie.

L’avocate de Mme Jean, Sophie Préfontaine, a de son côté affirmé que la liquidatrice « applique les mots dans le testament » tout en assurant que le but est que les œuvres de Réjean Ducharme puissent être montrées au plus grand nombre.

« C’est extrêmement regrettable que ça se retrouve sur la place publique, parce que M. Ducharme a toujours été une personne discrète », a conclut l’avocate.

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