Crise du taxi: l’industrie suspend ses moyens de pression après un «incident dramatique»

L’industrie du taxi suspend ses moyens de pression en raison d’un «incident dramatique» survenu en direct à la télévision, vendredi matin.  

«À la suite d’un incident dramatique en direct sur les ondes de LCN, l’industrie du taxi stoppe complètement tout moyen de pression jusqu’à nouvel ordre», a fait savoir le responsable des communications de l’industrie, Félix Tremblay.  

«L’objectif de cette décision est de protéger les propriétaires et chauffeurs de taxi qui vivent une grande détresse psychologique», explique-t-il.  

Plus tôt, les chauffeurs de taxi avaient choisi d’offrir des courses gratuites à sa clientèle, sous certaines conditions, en espérant nuire à leur compétiteur Uber.  

Les chauffeurs voulaient servir à la multinationale sa propre médecine. Ils accusent Uber de s’être adonné à du dumping commercial, soit d’avoir offert un service à coût réduit lors de ses premières années d’opération, quitte à perdre de l’argent.   

Pour bénéficier d’une course gratuite, il faudra commander un taxi par le biais d’une application mobile. Les chauffeurs offriront ce service jusqu’à concurrence de 20 $, entre 9 h et 17 h.  

Pour les entreprises qui n’ont pas d’application mobile, 10% des courses téléphoniques seront gratuites, toujours jusqu’à un maximum de 20$.  

Actions «plus militantes»  

Ces moyens de pression «pourraient se poursuivre pendant tout le week-end», selon Félix Tremblay, porte-parole Regroupement des intermédiaires de taxi du Québec (RITQ).  

Des gestes de perturbation ne sont cependant pas à exclure.  

«Certains groupes de taxis souhaitent des actions plus militantes et ne participent pas à la journée dumping. Il est important pour le client de valider auprès du chauffeur avant de présumer que la course est gratuite», affirme M. Tremblay.  

Lundi dernier, les chauffeurs de taxi, en colère contre le projet de loi 17 qui prévoit une forte déréglementation de leur travail, ont paralysé plusieurs artères en roulant à très basse vitesse à Québec et à Montréal.   

Énergie «du désespoir»  

Le ton a encore monté, mardi, en marge d’une rencontre entre les représentants de l’industrie et le ministre des Transports, François Bonnardel, pendant laquelle il leur a garanti que le projet de loi allait être déposé.  

«L’énergie du désespoir, c’est dangereux», avait lâché le porte-parole de l’industrie du taxi, Abdallah Homsy.  

Le ministre s’est dit «sensible» à leur cause et ouvert à trouver des pistes de solution, mais a refusé de bonifier l’enveloppe d’un demi-milliard de dollars destinée à dédommager les chauffeurs.  

Une somme que ces derniers considèrent comme très insuffisante pour couvrir la chute de la valeur de permis, puisque celui-ci ne serait plus obligatoire sous le nouveau régime.

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