Des millions d’habitants de Mexico privés d’eau

MEXICO | Plusieurs millions d’habitants de la ville de Mexico vont être privés d’eau à partir de mercredi après-midi durant au moins trois jours pour des travaux de maintenance sur le principal système d’alimentation de la capitale.

Plus de la moitié des huit millions d’habitants de la capitale devraient être affectés ainsi que trois millions en banlieue.

Les classes ont été suspendues et beaucoup d’habitants ont décidé de quitter la ville d’autant que vendredi sera férié.

« Dans l’après-midi, l’eau va commencer à manquer », a expliqué sur une radio locale Ramon Aguirre, directeur du système des eaux de la ville.

Les travaux portent sur le système Cutzamala, un réseau qui achemine l’eau de l’État de Michoacán, dans l’ouest du Mexique, vers la capitale.

Depuis plusieurs semaines, beaucoup d’habitants ont commencé à stocker des bouteilles d’eau et à se préparer pour la coupure, provoquant une augmentation du prix de l’eau.

« Une sorte de psychose s’est développée », a reconnu M. Aguirre.

Les habitants sont incités à économiser l’eau, « ne pas laver de vêtements et de se laver en utilisant de petites bassines » a-t-il recommandé.

« Il ne faut pas dramatiser cette crise, il faut simplement nous préparer ».

Dans certaines zones de la capitale, des camions-citernes des autorités municipales vont approvisionner les habitants pour éviter tout incident violent.

Des camions-citernes privés proposent également de l’eau au prix de 10 000 litres pour 83 dollars.

Pour certains habitants de Mexico, la coupure d’eau n’est pas une première.

Dans le quartier de Iztapalapa, l’un des plus pauvres de la capitale où vivent 1,8 million d’habitants, les coupures sont régulières et les habitants s’alimentent en eau grâce à des camions-citernes qui circulent dans la rue.

Sur les 2,5 millions de foyers en banlieue, plus de 500 000 ne reçoivent pas quotidiennement d’eau et environ 45 000 n’ont pas l’eau courante.

Outre le système Cutzamala, les autorités pompent depuis des décennies dans le manteau aquifère de la capitale – construite sur un ancien lac – pour alimenter la population, ce qui provoque un affaissement dans certaines zones de 2 à 30 centimètres par an.

On estime par ailleurs que près de 40 % du débit en eau est perdu du fait de fuites dans les canalisations.

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