Des parents de Québec tentent de sauver leur école de quartier

(Québec) Des parents de Québec ont profité d’une soirée de consultation hier soir pour dénoncer la volonté de l’école Cardinal-Roy de fermer ses classes ordinaires et d’adaptation scolaire au profit des programmes sports-arts-études.

L’école secondaire fait valoir que la popularité de ses programmes particuliers, qui attirent des jeunes de partout à Québec et des banlieues, la force à éliminer les classes ordinaires. Mais des parents du quartier Saint-Sauveur, au centre-ville, s’indignent de perdre l’accès à l’unique école secondaire du quartier.

« On ne parle pas seulement de chiffres, on parle d’humains. On n’est pas en train de gérer une usine, on gère des enfants », s’indigne Claudine Thériault. Son fils de 12 ans fréquente le programme d’adaptation scolaire de Cardinal-Roy, qui est menacé.

« Mon fils va avoir un parcours scolaire difficile. Ça va être dur de le raccrocher à l’école, je le sais. Là, il est dans une école qu’il aime, dans son quartier, un milieu qu’il connaît, dit la mère de 34 ans. Là, on va lui dire : cette école-là n’est plus pour toi parce qu’on va juste accepter des bolés ? »

La direction affirme que l’école est à la veille de déborder. Elle accueille cette année 838 élèves sur une capacité théorique de 980. De ce nombre, 711 sont dans le secteur sports-arts-études. Celui-ci compte une quarantaine de concentrations, des arts dramatiques au soccer en passant par le ski de fond.

Ce programme sélectif n’accueille que des jeunes qui ont plus de 80 % de moyenne au primaire. Les parents de ces élèves doivent débourser des milliers de dollars en frais annuels. Selon la direction, une centaine de jeunes qui avaient les notes nécessaires ont été refusés cette année, faute de place.

« Je dois ma carrière et la personne que je suis à ce programme », a dit au micro Gabrielle Boisvert, qui défend la proposition de la direction. Cette ancienne élève de sports-études, qui a grandi à Cap-Rouge, a fait partie de l’équipe nationale de nage synchronisée.

À LA COMMISSION DE TRANCHER

L’école souhaite se concentrer entièrement sur ce secteur, qui attire des élèves de partout à Québec. La commission scolaire de la Capitale entend redéployer les élèves du quartier de la filière « régulière » dans une école de Limoilou et une autre de Vanier, deux quartiers voisins.

« Ce sont des enfants de secondaire 1 ou 2 qui vont devoir traverser Charest ou Laurentienne pour aller à l’école, parce que leurs parents n’ont pas d’auto », déplore la nouvelle députée de Taschereau, Catherine Dorion.

« C’est un gros enjeu : qu’est-ce qu’on va faire avec les écoles de quartier ? Est-ce encore quelque chose d’important ou c’est rendu qu’on s’en fout ? » a demandé l’élue de Québec solidaire, qui a assisté à la soirée de consultation pour faire valoir son opposition au projet.

Une soixantaine de mémoires ont été déposés à la commission scolaire de la Capitale, qui doit trancher le 20 novembre.

Contenu similaire