Des proches de femmes assassinées reprochent à la ministre Guilbault de ne pas vouloir les rencontrer

Des proches de quatre femmes assassinées il y a une quarantaine d’années s’expliquent mal que la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault n’ait pas accepté de les rencontrer pour discuter des techniques policières en cas de meurtres non résolus.

La ministre de la Sécurité publique du Québec Geneviève Guilbault

Photo Simon Clark

La ministre de la Sécurité publique du Québec Geneviève Guilbault

«La ministre Guilbault fait des sourires à la caméra, mais elle n’agit pas. On ne nous entend pas. C’est inacceptable et indigne de son poste. Mme Guilbault, cessez de nous ignorer, nous voulons simplement être entendus, nous, les familles», a dit Lise Dorion, sœur de Joanne Dorion, assassinée à Laval le 30 juillet 1977.

Elle était accompagnée du frère de Denise Bazinet, Georges Bazinet, de la mère de Sharron Prior, Yvonne Prior, et du fils de Roxanne Luce, Stéphane Luce.

Ces proches de femmes assassinées dont les meurtres n’ont pas été élucidés ont tenté de rencontrer la ministre Guilbault par la voie de leur avocat, Marc Bellemare. Ce dernier a reçu en guise de réponse une lettre qui ne donne pas suite à la demande.

Revendications

Les familles de victime demandent entre autres une enquête publique sur les méthodes policières en cas de meurtres et de disparition. Ils souhaitent aussi que ces deux types d’enquêtes soient menés systématiquement par la Sûreté du Québec, même quand les corps sont retrouvés sur des territoires desservis par des corps de police municipaux.

« Ce sont des cas majeurs qui requièrent de l’expérience, de l’expertise, des moyens techniques, des budgets et à mon sens, et au sens de tout le monde ici, ça devrait toujours être la Sûreté qui enquête », a dit Me Marc Bellemare.

Preuves détruites

Ils déplorent notamment que des corps de police auraient détruit des preuves dans les dossiers de Sharron Prior et de Roxanne Luce.

Cette dernière a été sauvagement attaquée le 1er avril 1981, à Longueuil. Elle est décédée trois jours plus tard. Le manche de vadrouille cassé qui a servi à la tuer a été retrouvé dans un sac de plastique. Un cheveu, possiblement du meurtrier, avait également été retrouvé dans le sac.

Le fils de Roxanne Luce a appris en 1997 que le cheveu n’était plus dans les pièces à conviction.

«L’enquêteur au dossier m’a dit que c’était pour faire du ménage. Ils auraient jeté trois tiroirs remplis de lamelles contenant toutes sortes de liquide humain», a-t-il affirmé en point de presse.

L’attaché de presse de la ministre Guilbault a été contacté dimanche par l’Agence QMI concernant ces demandes, mais il n’a pas souhaité commenter.

Les dates de crime

Sharron Prior : 29 mars 1975

Joanne Dorion : 30 juillet 1977

Denise Bazinet : 24 octobre 1977

Roxanne Luce : 4 avril 1981

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