Elle veut parcourir 576 km en tricycle

Une femme victime d’un accident vasculaire cérébral à six mois de grossesse se prépare à franchir 576 kilomètres en tricycle.

Geneviève Morel s’entraîne cinq jours par semaine pour franchir la distance entre Laval et Rimouski en tricycle, du 30 mai au 7 juin. Elle vise à amasser 20 000 $ pour la recherche sur l’AVC chez les femmes, six ans après un drame qui a changé sa vie.

Une artère a explosé dans sa tête, le 31 mars 2013, vers 23 h 30. Âgée de 26 ans, elle était enceinte de six mois.

« J’étais sur le point de m’endormir. Je me suis levée d’un bond et je suis tout de suite tombée parce que mon côté gauche a figé, comme du béton », raconte-t-elle.

Elle se prépare à parcourir 576 km en tricycle dans quelques semaines afin d’amasser de l’argent pour la recherche sur l’AVC.

Photo courtoisie, Laurie-Edwige Cardinal

Elle se prépare à parcourir 576 km en tricycle dans quelques semaines afin d’amasser de l’argent pour la recherche sur l’AVC.

Flash-back

L’ancienne répartitrice au 911 est parvenue à crier « AVC » à travers la douleur pendant que son conjoint appelait les urgences.

Après, ses souvenirs sont flous. Elle se souvient avoir piqué de grosses colères à l’hôpital, mais ce sont des flash-back. Heureusement, elle n’a pas perdu son bébé.

Elle a en fait été opérée au cerveau et est restée deux mois sans crâne sur le dessus de sa tête, parce qu’il y avait trop d’enflure. Les médecins avaient remis la peau, mais pas d’os.

Ils ont ensuite inséré un os synthétique. Elle se souvient avoir griffé les gens qui la tenaient dans la salle de réveil.

Une photo de son petit Nathan et elle à l’hôpital en juin 2013.

Photo courtoisie

Une photo de son petit Nathan et elle à l’hôpital en juin 2013.

Césarienne

« Ils m’ont piquée à la tête parce que j’étais possédée. J’étais sûre qu’ils m’avaient enlevé mon bébé. Je ne voyais plus mon ventre », poursuit-elle.

La femme de Laval a eu une césarienne un mois plus tard, le 28 juin 2013, et son petit Nathan a vu le jour.

« J’ai pleuré. C’était comme fini. Il n’était plus en danger. Il pouvait m’arriver d’autre chose, il n’était plus dans mon corps », dit-elle.

Durant les deux années suivantes, Mme Morel s’est rendue à l’hôpital quatre jours par semaine, en réadaptation. Elle a mis cinq mois à franchir cinq mètres avec des rampes chaque côté de son corps, le temps de réapprendre à marcher.

Compter et écrire

« Ma motivation, c’est vraiment mon fils. Je veux lui montrer qu’il peut se passer n’importe quoi et qu’il faut y faire face, être fort », dit-elle.

Mme Morel a finalement retrouvé 50 % de l’usage de son bras gauche, et 80 % de sa jambe gauche. Elle a réappris à compter et à écrire, ce qui a été difficile, d’autant plus qu’elle était gauchère au départ.

« La persévérance vient à bout de tout. Avec de la patience, je pense qu’on est en mesure d’accomplir n’importe quoi », dit la femme aujourd’hui âgée de 32 ans et qui est retournée aux études en communications.

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