[EN IMAGES] Nouvelle manifestation des chauffeurs de taxi, le centre-ville de Montréal est pris d’assaut

Toujours en colère et plus mobilisés que jamais contre le gouvernement Legault, des chauffeurs de taxi ont paralysé le centre-ville de Montréal pendant plusieurs heures, vendredi.

Quelques centaines d’entre eux ont manifesté contre le projet de loi 17 sur le transport rémunéré de personnes par automobile visant une modernisation de l’industrie, en laissant notamment la porte ouverte au concurrent Uber.

Les propriétaires de taxi dénoncent l’initiative gouvernementale qui, si elle est se réalise, provoquerait une chute de la valeur des permis qui se transigeaient à plusieurs dizaines de milliers de dollars, dépassant même les 200 000 $ dans certains cas, il y a quelques années.

Les chauffeurs réclament l’équité et le dialogue.

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PHOTO AGENCE QMI, MAXIME DELAND

Durant la manifestation, devant le bureau du ministre des Transports, François Bonnardel, un des représentants de l’industrie s’est fait le porte-voix du désespoir des chauffeurs de taxi indiquant que tous les manifestants auraient préféré travailler.

«M. Bonnardel, ce n’est pas la mère Teresa. Il ne veut pas dialoguer», a déploré Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec.

«On n’est pas là pour être achetés, on n’est pas là pour être expropriés. On veut continuer à travailler et s’il veut faire accepter Uber, qu’il s’asseye avec Uber», a-t-il ajouté.

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L’industrie du taxi avait convié ses chauffeurs dans des points de rencontre situés à Montréal, Longueuil et Laval, tôt en matinée. Le cortège a pris le départ peu après 8 h 30 pour se rendre au centre-ville, devant le bureau du ministre.

Sur place, un mannequin représentant un chauffeur de taxi a été pendu dans un geste symbolique. Des pancartes ont également été brûlées par des manifestants en furie.

Sur l’heure du midi, les manifestants ont décidé de se rendre à pied à l’hôtel de ville de Montréal à partir boulevard René-Lévesque Ouest, où ils ont abandonné leurs véhicules, accentuant la perturbation de la circulation dans le centre-ville.

«Pas le choix»

«On s’excuse auprès de la population, a dit un chauffeur à TVA Nouvelles. On sait qu’il va y avoir des gens qui vont arriver en retard pour travailler. Mais on n’a pas le choix. Tout ce qu’on possède, c’est le permis de taxi. Pour ceux qui l’ont acheté, il y a des lustres, c’est leur fonds de pension. Pour nous qui avons acheté à des prix de fous, il faut qu’on paye l’hypothèque.»

«On dit qu’on prend la population en otage, mais qu’est-ce qu’on a comme solution? Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse pour se faire entendre? De toute manière, je suis convaincu que la majorité des gens nous soutiennent dans notre combat», a réagi Yves Grenier, venu de Trois-Rivières pour participer à la manifestation.

Un autre chauffeur a aussi fait part de son incompréhension. «J’ai 64 ans. Je vais faire quoi? Vous me donnez 33 000 $, mais j’en dois encore sur mon permis. C’est inhumain. Je ne comprends pas que M. Bonnardel, qui a une famille, puisse être capable de s’asseoir et de manger avec sa fille, sa femme, avec ce qu’il fait.»

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Selon les chiffres de l’industrie du taxi, près de 22 000 chauffeurs devront déclarer faillite si le projet de loi va de l’avant dans l’état actuel.

Le gouvernement Legault promet 500 millions $ pour dédommager les propriétaires, mais c’est insuffisant, selon eux.

Québec demeure ferme

Québec reste ferme et n’a pas l’intention de retirer son projet de loi. Le ministre Bonnardel est toutefois prêt à rencontrer les représentants de l’industrie, la semaine prochaine, pour discuter des modalités du projet de loi.

«On peut l’améliorer, on peut la bonifier», a-t-il indiqué vendredi en entrevue à LCN.

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MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Dans un communiqué, le ministre a précisé que «la place de l’industrie du taxi n’est pas dans la rue, mais autour d’une table de discussion». «Le gouvernement du Québec est attentif aux préoccupations soulevées concernant le projet de loi.»

«Je tiens à réitérer que mon équipe a le mandat d’échanger avec les membres de l’industrie afin de trouver des solutions concrètes qui seront bénéfiques pour assurer l’avenir de l’industrie du taxi traditionnel, a-t-il ajouté. Le gouvernement du Québec a choisi la voie constructive du dialogue et j’invite les représentants de l’industrie du taxi à en faire autant.»

La manifestation s’est terminée un peu avant 14 h 20 et n’a pas été problématique pour l’heure de pointe de l’après-midi.

Le fil des événements

  • 5 h 30: quelques dizaines de chauffeurs de taxi de Québec sont partis de la capitale pour venir rejoindre leurs confrères de Montréal.
  • 7 h: les premiers chauffeurs de Montréal se rassemblent aux différents points de rendez-vous.
  • 8 h: on apprend que les chauffeurs, dans la mesure du possible, éviteront les autoroutes et circuleront sur les boulevards.
  • 8 h 25: les chauffeurs de Québec arrivent sur l’île de Montréal.
  • 8 h 40: les chauffeurs réunis dans l’arrondissement d’Anjou prennent la route en direction du centre-ville.
  • 9 h 30: les chauffeurs de taxi ralentissent la circulation sur le pont Jacques-Cartier et sur l’autoroute 15.
  • 9 h 50: quelques dizaines de chauffeurs sont rassemblés devant les bureaux du MTQ, d’autres sont encore en route. Les policiers sont sur place, mais tout se déroule paisiblement.
  • 10 h: un important convoi arrive sur le boulevard René-Lévesque, la congestion s’installe au centre-ville.
  • 14 h 20: fin de la manifestation selon le Service de police de la Ville de Montréal.

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