Femme attaquée par des chiens: l’effet de meute en cause?

Difficile d’établir précisément ce qui a poussé trois chiens à attaquer sauvagement une femme vendredi, à Potton, mais l’effet de meute pourrait être en cause, selon une vétérinaire.

Selon les informations actuelles, il n’y a pas de témoin direct de l’assaut des trois chiens sur la femme, qui a été gravement blessée. La vétérinaire Claudia Gilbert, de l’Université de Montréal, concède qu’il est donc difficile d’évaluer la situation, puisqu’on n’a pas vu la «séquence comportementale».

Selon la spécialiste interviewée samedi par TVA Nouvelles, les chiens peuvent exprimer différents types d’agressivité, que ce soit leur dominance ou leur peur lors d’une situation. Dans ce cas-ci, il est possible qu’il s’agisse de territorialité ou d’un instinct de protection.

«Un chien a pu interpréter cette personne qui courait devant la propriété comme une menace, puis a réagi. Normalement, un chien seul aurait peut-être couru, jappé et réalisé que ce n’est pas une menace et se serait ravisé. Mais là il y a aussi un effet d’entraînement. S’il y en a un qui voit ça comme une menace; les autres ne se posent pas de question et vont aussi réagir.»

Est-ce que la coureuse s’est retournée, a démontré une crainte dans son langage corporel, ce qui a été perçu par les chiens comme une menace? Difficile à dire. Toutefois, «ce n’est pas normal pour un chien d’aller jusqu’à des morsures de cette façon-là. […] Normalement, ils auraient arrêté avant de la blesser aussi gravement», croit-elle.

Aucun antécédent

Selon Alan Barnes, le propriétaire des bêtes, ces derniers, des bâtards dont la mère serait un labrador, n’auraient jamais fait preuve d’agressivité.

«Je n’ai jamais eu de problèmes avec eux. Je les emmène partout avec moi en public», a-t-il dit au journaliste de TVA Nouvelles Andy St-André, jurant qu’ils «sont comme des bébés» et «amicaux».

Pour la spécialiste, il est bien possible qu’ils n’aient jamais montré les dents.

«Il y a une première fois à tout, a dit Mme Gilbert. On ne sait pas ce qui a fait en sorte que cette fois-ci il y avait quelque chose de différent, ou pas. Peut-être que la situation était vraiment différente d’habituellement.»

Pas la race

Et la race du chien importe peu, selon elle.

«N’importe quel chien de n’importe quelle race, de n’importe quel croisement, a le potentiel d’en arriver là», a dit la vétérinaire.

Cette attaque pourrait donc donner des munitions à ceux qui s’opposent à un bannissement des chiens dangereux fondé sur la race. Selon les statistiques canadiennes mentionnées par la spécialiste, les chiens qui ont causé le plus de décès ne sont pas des pitbulls. «Ce n’est pas parce qu’on a un chien qui n’est pas réputé dangereux qu’il ne faut pas être vigilant», a-t-elle soulevé.

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