Fin tragique d’un Québécois en Floride

Un entrepreneur québécois qui vivait son rêve américain est décédé dans des circonstances dramatiques, après une négociation de plus de cinq heures avec des policiers du groupe tactique d’intervention dans un paisible quartier résidentiel de Tampa.

La scène s’est déroulée le 14 mars dernier, à l’aube, dans le quartier Town ‘n’ Country, à Tampa, connu comme un endroit calme. Les policiers ont été alertés par des voisins qui ont entendu plusieurs coups de feu aux alentours de 5 h 30.

Dès leur arrivée, les secours sont tombés sur deux femmes blessées par balle devant la résidence visée par le signalement. Elles ont été transportées à l’hôpital sans que l’on craigne pour leur vie.

Barricadé

Pendant ce temps, Michel Barbeau, 47 ans, se trouvait toujours à l’intérieur de la résidence, armé et refusant d’en sortir. C’est à partir de ce moment qu’une négociation avec le forcené s’est étirée sur de longues heures, forçant l’évacuation des résidences voisines.

Des agents du S.W.A.T. ont cerné la résidence de Michel Barbeau, le 14 mars, alors que le Québécois, armé, s’y était barricadé.

Photo courtoisie, WFLA News Channel 8 Tampa Bay

Des agents du S.W.A.T. ont cerné la résidence de Michel Barbeau, le 14 mars, alors que le Québécois, armé, s’y était barricadé.

Le domicile de Barbeau était cerné par des agents du S.W.A.T., pendant que son avocat et des négociateurs se sont succédé au téléphone pour tenter de le raisonner. Puis, quelques minutes après que le contact a été coupé, un ami du Québécois est arrivé en trombe dans le périmètre avec son téléphone et, à l’autre bout du fil, Michel Barbeau.

« C’est un ami depuis longtemps. Je ne sais pas ce qui est arrivé, mais il nous a appelés de façon désespérée ce matin », a lancé l’homme aux médias locaux.

Les négociations se sont étirées de 7 h 30 à 12 h 30, le moment à partir duquel le Québécois n’a plus donné de réponse.

Les policiers ont utilisé un robot pour tenter de le localiser dans la résidence, encore en vain, selon le Tampa Bay Times. La serrure de la porte a ensuite été brisée au moyen d’un jet d’eau, pour permettre au robot d’entrer et de situer Barbeau. Les autorités ont même tenté d’envoyer du gaz dans la maison pour le forcer à en sortir.

L’opération s’est terminée lorsque le robot a retrouvé Michel Barbeau sans vie, à 13 h 50, après qu’il se fut infligé une blessure fatale. Parmi les deux femmes se trouve la conjointe de Michel Barbeau, âgée de 30 ans et atteinte à la jambe. L’autre femme de 40 ans a été touchée d’un projectile à l’épaule.

« Bon vivant »

La tragédie a secoué la communauté de Town ‘n’ Country, en banlieue de Tampa, où Michel Barbeau était connu sous le pseudonyme de « Frenchy ». Il vivait en Floride depuis l’an 2000, moment où il a quitté la ville de Québec pour vivre son « rêve américain », selon son cousin Anthony Bernard.

Michel « Frenchy » Barbeau vivait en Floride depuis près de 20 ans, où il dirigeait sa propre entreprise de construction.

Photo tirée de Facebook

L’homme de 47 ans dirigeait une entreprise de construction reconnue à Tampa, qui l’a notamment amené à faire des travaux chez des joueurs du Lightning de Tampa Bay, pour sa plus grande fierté d’amateur de hockey. « C’est un gars drôle qui rassemblait. Un bon vivant, un bon Québécois comme on en connaît », s’est remémoré Anthony Bernard, en entrevue avec Le Journal quelques heures avant d’assister aux funérailles qui se tenaient samedi à Tampa.

La veille, des dizaines d’amis floridiens se sont réunis pour lui rendre hommage, certains arborant même des drapeaux canadiens et québécois en sa mémoire.

« Autant avec ses amis qu’avec la famille, c’était le rassembleur. Il venait une fois par année au Québec et c’est la seule fois que toute la famille se retrouvait », soutient M. Bernard.

« La phrase qu’on entendait le plus souvent samedi, c’est : “Ça ne fait pas de sens, ça ne fait pas de sens.” Personne ne comprend rien. C’est très, très flou, ce qui s’est passé », laisse-t-il planer.

Deux semaines après les événements, la trame factuelle ayant mené au drame fait toujours l’objet d’une enquête par les policiers.

Des amis lui rendent hommage

« Tu étais mon meilleur ami, mon compagnon de concert et tout simplement la meilleure personne que j’ai connue. Tu avais toujours un câlin et des sourires pour tout le monde. »

– Jaime James, ami de Michel Barbeau

« Je connais “Frenchy” depuis plus de 15 ans et il était littéralement l’une des meilleures personnes sur cette planète ! Nous partagions un amour de la musique et pour vivre notre vie au maximum. Il lui restait tellement de vie à vivre et ça s’est arrêté tragiquement beaucoup trop tôt ! »

– Matt Ayotte, ami de Michel Barbeau

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