Il roulait à 149 km/h avant l’impact

SAINT-HYACINTHE | Un jeune homme accusé d’avoir tué sa copine en conduisant dangereusement aurait roulé à près de 150 km/h à peine deux secondes avant de percuter un autobus scolaire rempli d’élèves.

C’est ce qu’a affirmé un reconstitutionniste de la Sûreté du Québec (SQ), qui témoignait hier au premier jour du procès de Marc-Antoine Landry.

L’homme de 22 ans est accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort de sa copine Danyka Grabosky et ayant causé des lésions à 10 passagers d’un autobus scolaire, le 13 mai 2016, à Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie.

Il a percuté de plein fouet le côté arrière gauche de l’autobus, qui s’apprêtait à traverser le terre-plein central de la route 116, à l’angle du chemin Authier.

Course de rue ?

L’impact ayant coûté la vie à la passagère de 18 ans a été si violent que la grosse masse jaune contenant une quarantaine d’élèves s’est renversée sur le côté droit.

Tous les témoins entendus par le juge Denys Noël hier, au palais de justice de Saint-Hyacinthe, semblaient s’entendre sur une chose : Landry circulait beaucoup plus vite qu’il aurait dû, sur la route 116 est.

L’impact a été si violent que l’autobus scolaire s’est renversé sur le côté.

Photo courtoisie de la cour

Tant les élèves assis à l’arrière de l’autobus scolaire que les autres automobilistes qui ont côtoyé le jeune homme à l’heure de pointe de fin de journée ont perçu que la Mitsubishi Lancer bleue ne circulait pas à la limite de 90 km/h.

« L’auto allait beaucoup plus vite que les autres. Je savais qu’elle n’allait pas freiner [à temps] », a relaté un élève assis sur un des bancs où l’autobus a été percuté.

La Mitsubishi Lancer de l’accusé aurait percuté les roues arrière gauches de l’autobus, d’après la reconstitution de la scène.

Photo courtoisie de la cour

La Mitsubishi Lancer de l’accusé aurait percuté les roues arrière gauches de l’autobus, d’après la reconstitution de la scène.

« J’ai dit à ma conjointe : “ça sent l’accident” et l’auto bleue a frappé l’autobus », a quant à lui illustré Mathieu Quirion, un des premiers conducteurs à s’être immobilisé pour porter secours aux élèves du Collège Saint-Hilaire.

Seul un camion rouge de type pick-up séparait le véhicule du témoin de la voiture de l’accusé.

« [Le conducteur du camion] suivait la voiture bleue dans le cul. Les deux avaient l’air de courser. Ce ne serait pas arrivé [l’impact], si tout le monde avait roulé à la limite », a soutenu M. Quirion.

Le jeune homme a publié sur Facebook une photo de lui devant sa voiture.

Photo tirée de Facebook

Le jeune homme a publié sur Facebook une photo de lui devant sa voiture.

De 149 à 105 km/h

Le reconstitutionniste Éric Verner est arrivé à cette même conclusion après une analyse approfondie de la scène.

Les données enregistrées par le module de déploiement des coussins gonflables du véhicule de l’accusé ont révélé que celui-ci roulait à 149 km/h, environ 2,3 secondes avant l’impact.

Marc-Antoine Landry, qui est en liberté pendant les procédures, s’est présenté au palais de justice de Saint-Hyacinthe, hier.

Photo courtoisie, TVA Nouvelles

Marc-Antoine Landry, qui est en liberté pendant les procédures, s’est présenté au palais de justice de Saint-Hyacinthe, hier.

Il est probable que Landry ait aperçu l’autobus scolaire 1,2 seconde avant la collision, puisque c’est à ce moment qu’il a appuyé sur les freins. Il circulait alors à 136 km/h.

À cette vitesse, il lui aurait fallu une distance deux fois plus longue que celle dont il disposait pour s’immobiliser sans percuter l’obstacle devant lui. Par contre, s’il avait suivi la limite de vitesse de 90 km/h, il aurait vraisemblablement pu réussir la manœuvre sans danger.

Lors du contact entre les deux véhicules en mouvement, le jeune homme de Belœil roulait toujours au-dessus de la limite de vitesse, soit à 105 km/h.

« La vitesse et la perception tardive [de l’autobus] ont contribué à la collision », a résumé l’agent de la SQ, en réponse aux questions de Me Pierre Goulet, de la Couronne.


► Le procès de Marc-Antoine Landry, qui est défendu par Me Marc-André Gauthier, se poursuit aujourd’hui.

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