«J.E.»: coincé à Cuba depuis deux ans et abandonné par le Canada

«C’est chaque jour un drame»; voilà comment Toufik Benhamiche, ce Québécois coincé à Cuba depuis bientôt deux ans, raconte son pénible quotidien, loin de sa femme et de ses deux enfants de 6 et 9 ans.

Impliqué dans un accident mortel lors d’une excursion en bateau, en juillet 2017, le père de famille de Mascouche a été accusé d’homicide par imprudence et condamné à quatre ans de prison.

En janvier dernier, l’équipe de J.E. s’est rendue à La Havane afin de recueillir sa version des faits. C’est la toute première fois qu’une équipe de télévision va à la rencontre de cet homme qui ne demande au fond qu’une seule chose : avoir droit à un procès juste et équitable.

Le bouc émissaire?

Jennifer Ann Marie Innis est cette mère de famille qui a péri après avoir été happée de plein fouet par l’embarcation conduite par monsieur Benhamiche. Tenu seul responsable de ce drame, M. Benhamiche clame son innocence.

«C’est très important que la vérité se sache sur les circonstances du décès de Mme Innis, que malheureusement, les autorités cubaines essayent de la maquiller, dit-il. Ils essayent d’accuser, une personne qui est innocente.»

Monsieur Benhamiche a été accusé d’homicide par imprudence, quatre jours après l’accident. Mais à ce moment, trois employés de la compagnie touristique cubaine chargés d’encadrer l’excursion en bateau faisaient également face à des accusations criminelles, selon M. Benhamiche et ses avocats.

Ces derniers étaient alors confiants pour leur client, vu la preuve recueillie. Mais quelques semaines avant l’ouverture du procès, M. Benhamiche apprend de la bouche de son avocat cubain que les accusations ont été retirées contre les trois employés cubains.

«Il me dit: « J’ai reçu les conclusions du procureur et les trois Cubains ont été sortis du processus ». C’était le 6 novembre, et moi je m’en souviendrai toujours parce que c’était le début du cauchemar judiciaire», souligne le père de famille qui qualifie le processus judiciaire à Cuba de biaisé et partial.

Son avocat montréalais, Me Julius Grey, croit pour sa part que son client a littéralement été choisi comme «bouc émissaire» par les autorités cubaines.

«Ce qui est inquiétant, c’est que le procès a duré trois, quatre heures, que les témoins cubains n’ont pas été convoqués, qu’il y en a qui ont pu sortir du pays alors que notre client ne peut pas sortir», soulève Me Grey.

«Abandonné» par les autorités canadiennes

En plus de dénoncer l’injustice dont son client est victime depuis le début du processus judiciaire, il montre du doigt le manque de «leadership» du gouvernement canadien dans le dossier.

«Je pense qu’ils ont l’influence pour pouvoir libérer leur citoyen et ils ne le font pas», lâche-t-il.

M. Benhamiche, qui occupait un poste d’ingénieur à la Ville de Laval, dit avoir rapidement constaté le manque d’implication des autorités canadiennes dans ce dossier.

«À partir du mois d’août 2017, c’est là que j’ai senti que j’ai été abandonné par l’ambassade du Canada et par le gouvernement canadien.»

«Ils sont en train de brûler trois ans, même quatre ans, peut-être cinq ans s’il est obligé de faire de la prison, de relation de petites filles avec leur père dans des années cruciales, je trouve ça épouvantable, puis le Canada n’a pas levé le petit doigt», ajoute le député fédéral de Montcalm, Luc Thériault.

Ne manquez pas l’émission J.E., jeudi soir, dès 21 h, sur les ondes de TVA.

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