Jody Wilson-Raybould rejette l’idée qu’elle ait pu aider les conservateurs

L’ancienne ministre de la Justice et procureure générale du Canada, Jody Wilson-Raybould, refuse de croire que son rôle dans l’affaire SNC-Lavalin puisse avoir fait croître les chances des conservateurs aux élections générales de l’automne prochain.

La controverse à savoir si Mme Wilson-Raybould a fait l’objet ou non de pressions indues de la part du premier ministre et de son entourage, pour qu’elle intervienne afin d’éviter à la compagnie montréalaise de subir un procès relativement des accusations de fraude et de corruption en Libye, dure maintenant depuis deux mois.

Ébranlés, les libéraux de Justin Trudeau baissent dans les sondages depuis le début de la crise qui, jusqu’à maintenant, a mené à la démission du bras droit du premier ministre, Gerald Butts, et à l’expulsion du caucus libéral de Mme Wilson-Raybould et de l’ancienne présidente du Conseil du Trésor Jane Philpott. Les deux femmes avaient déjà démissionné du cabinet Trudeau des semaines plus tôt. Pris à partie dans ce dossier, le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, a pour sa part annoncé qu’il partirait à la retraite avant les élections, disant avoir perdu la confiance des partis d’opposition.

Dimanche, à l’émission The West Block de Global News, Mme Wilson-Raybould, qui siège maintenant comme indépendante, a expliqué qu’elle comprend les préoccupations de ses anciens collègues libéraux à propos de l’impact de l’affaire SNC-Lavalin sur leurs chances d’être réélus, mais, selon elle, cela n’est pas le cœur du dossier.

«Je ne pense pas que j’aide Andrew Scheer à remporter la prochaine élection», a-t-elle dit lors de l’entrevue. «J’ai dit ma vérité, je me suis battue pour ce qui était juste et je croyais dans les institutions de notre démocratie et dans la nécessité que ces institutions demeurent indépendantes et qu’elles maintiennent l’État de droit. Si jamais la politique l’emporte sur la bonne chose à faire, alors nous avons perdu.»

Jody Wilson-Raybould n’a rien révélé durant l’entrevue à The West Block sur son avenir politique, ne précisant pas notamment si elle allait ou non se joindre à une autre formation. Selon elle, il est trop tôt pour prendre quelque décision que ce soit.

«Je suis entrée en politique fédérale en tant que libérale. Je crois aux valeurs et aux principes auxquels adhère le parti et au travail que nous pouvons faire», a-t-elle indiqué. «Cela dit, je ne suis pas nécessairement une partisane. Je crois que tous les parlementaires et tous les Canadiens doivent résoudre d’énormes problèmes. Cela veut dire qu’il faut travailler avec les conservateurs, les verts et le NPD, car toutes les voix sont importantes.»

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