La cuisine de rue se tourne vers l’événementiel et les festivals

Constatant que l’engouement pour la cuisine de rue s’émoussait, la Ville a décidé de revoir le modèle de déploiement des camions afin de se concentrer sur les rassemblements événementiels.

En 2015, pas moins de 35 camions de cuisine de rue détenaient un permis pour s’installer sur les sites désignés par la Ville. Ce nombre a graduellement baissé au fil des ans pour atteindre 21 camions en 2018. Le nombre de sorties a aussi chuté, passant de 1419 en 2016 à 868 en 2018 sur les principaux sites désignés par la Ville, comme la Place du Canada et le Square Victoria.

« Les camions de rue vont super bien. Mais ils font beaucoup de privé et délaissent un peu la vente sur le domaine public », reconnaît Gaëlle Cerf, vice-présidente de l’Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ).

Un modèle plus souple

Constatant cette baisse d’intérêt, la Ville, en collaboration avec l’ARRQ, a adopté une nouvelle stratégie. Plutôt que d’être tenus de se déployer sur les sites de la Ville, les restaurateurs de rue prépareront leur calendrier en fonction des festivals et événements qui se déroulent tout au long de l’été à Montréal. C’est ce qu’a annoncé jeudi Robert Beaudry, responsable du développement économique au sein de l’administration de Valérie Plante.

« Avec des rassemblements de camions, les gens pourront avoir du choix. Ils pourront se retrouver devant cinq ou six camions et même jusqu’à douze camions à l’heure du lunch. C’est beaucoup plus inspirant qu’un seul camion caché au coin d’une rue. Ça devrait créer un engouement », indique Mme Cerf.

Cela ne signifie pas que la cuisine de rue au quotidien est abandonnée, assure-t-elle.

Afin de donner plus de souplesse au nouveau modèle, la Ville renoncera du même coup au règlement qui, depuis 2015, imposait des emplacements précis aux restaurateurs. Le dossier de la cuisine de rue sera désormais géré par les arrondissements.

Gaëlle Cerf avance que, par exemple, une dizaine de camions pourraient être déployés au square Dorchester les mercredis, jeudis et vendredis. « C’est très positif », estime-t-elle.

Trop cher ?

Elle rejette toutefois les critiques concernant le prix jugé élevé des mets offerts par les camions de rue à Montréal. « C’est facile de se trouver une pointe de pizza à 2 $. Nous, on est une vitrine gastronomique pour Montréal, une ville de destination pour la bouffe. La cuisine de rue est à l’image des efforts que font les restaurateurs pour mettre en avant les produits locaux. »

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