La joggeuse attaquée à Potton toujours aux soins intensifs

La joggeuse victime d’une sauvage attaque par trois chiens sur le chemin de l’aéroport à Potton, vendredi dernier, reposait toujours aux soins intensifs à l’hôpital, mercredi.

La femme a subi de nombreuses morsures sur pratiquement tout le corps, dont certaines sont si profondes qu’elles ont nécessité la reconstruction de la masse musculaire des membres atteints. La victime a d’ailleurs subi une deuxième opération mardi de six heures, après un premier passage de huit heures sur la table d’opération en fin de semaine

«Elle est dans un état très sérieux, même si on ne craint plus pour sa vie. Elle est fortement médicamentée. C’est comme si on l’avait plongée dans un coma artificiel. Les blessures sont graves. Les médecins n’ont jamais vu cela pour une attaque par des chiens», a détaillé le maire de Potton, Jacques Marcoux, un ami de la dame de 55 ans et de son conjoint, en entrevue à TVA Nouvelles.

Dans le village de Potton, les chiens laissés sans surveillance ne semblent pas représenter un problème. En milieu rural toutefois, certains propriétaires ne seraient pas aussi respectueux des règlements.

Un citoyen, Raymond Charrier, dit s’être plaint entre dix et quinze fois de la présence de chiens errants – d’autres bêtes que celles impliquées dans l’attaque de vendredi – sur son terrain.

Selon lui, l’ancien conseil municipal ne semblait pas se soucier du phénomène. «Il n’y a aucune trace papier de mes plaintes à l’hôtel de ville, comme si l’ancienne administration les a ignorées et jetées à la poubelle. Aujourd’hui, on se retrouve devant un drame», a déploré l’homme.

Depuis 2015, les trois chiens d’Alan Barnes impliqués dans l’attaque auraient fait l’objet de nombreux signalements concernant leur agressivité, ont confié d’autres citoyens.

La famille de la victime pourrait poursuivre M. Barnes. Cependant, celui-ci n’est pas propriétaire de la maison où il demeure sur le chemin de l’aéroport et ne possède probablement aucune assurance responsabilité.

«S’il est insolvable et ne bénéficie d’aucune assurance, il sera difficile d’obtenir une compensation quelconque pour la victime et ses proches», a noté l’avocat Pierre Lessard

Poursuivre la municipalité de Potton pourrait aussi s’avérer complexe. «Il faudrait prouver que des incidents se sont produits, qu’elle en a été avisée, qu’il était de son devoir d’agir et qu’elle disposait des moyens de la faire et d’intervenir. C’est un énorme fardeau à démontrer», a souligné Me Lessard.

La Sûreté du Québec continuait mercredi à recueillir les témoignages de citoyens afin de déterminer si des accusations criminelles ou pénales pourraient être portées contre le propriétaire des trois chiens. Ceux-ci sont toujours en isolement à la SPA de l’Estrie en attendant de subir une évaluation comportementale et de décider s’ils seront euthanasiés.

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