La ligue canadienne congédie Johnny Manziel

Johnny Manziel et les Alouettes connaissaient les règles du jeu. Maintenant, le quart-arrière y a contrevenu et c’est la formation montréalaise qui en paie le prix.

La Ligue canadienne de football (LCF) a demandé à l’organisation montréalaise de mettre un terme au contrat de l’Américain après qu’il a été découvert que ce dernier n’a pas respecté les conditions qui lui permettaient d’évoluer dans le circuit canadien.

Au moment de faire son entrée dans le circuit, la LCF avait été très claire : Manziel devait se soumettre à une série de conditions, dont suivre un processus d’évaluation continue par un expert indépendant en matière de violence faite aux femmes, une révision par un avocat-conseil et une rencontre en personne entre le commissaire et lui.

Manziel a de son côté confirmé au quotidien USA Today en juin dernier qu’il devait également prendre une médication pour un problème de bipolarité et qu’il devait voir un thérapeute de façon hebdomadaire.

Impossible de savoir quelle condition Manziel n’a pas respectée. La Ligue et le club n’ont pas voulu en dire davantage à ce sujet. Sur les réseaux sociaux, Manziel s’est défendu d’avoir contrevenu à quelque règle que ce soit.

« Quand nous avons pris la décision de procéder à la transaction, nous connaissions les risques, a indiqué Kavis Reed. Selon les informations données par Hamilton et la ligue, Manziel respectait ces conditions. Nous avons donc décidé d’aller de l’avant.

« Nous allons toujours prendre des décisions pour rendre notre équipe meilleure, a-t-il ajouté. Nous avons pris celle-ci à l’époque, car nous croyions que Johnny Manziel rendrait notre équipe meilleure en raison de nos effectifs à cette position à cette date, sa relation avec “coach” [Mike] Sherman et les informations que nous avions colligées au fil des ans. Nous n’allons pas nous excuser d’avoir pris ce genre de décision. »

Pas une surprise

Cette décision de la LCF n’est toutefois pas une surprise pour le directeur général et les Alouettes, qui savaient depuis un certain temps que la Ligue avait emprunté cette voie.

« Ç’a commencé dans l’entre-saison, a admis Reed. Nous avons attendu un certain temps pour voir quelle tangente prenait cette situation. »

Malgré cela, il n’a pas jugé bon de s’enquérir des services des quarts de premier plan disponibles sur le marché des joueurs autonomes, notamment Bo Levi Mitchell, Mike Reilly et Trevor Harris. Ces trois quarts ont rapidement trouvé preneurs : Reilly est passé d’Edmonton à Vancouver, Harris est passé d’Ottawa à Edmonton, tandis que Mitchell a décidé de demeurer à Calgary.

« Nous avons pris d’excellentes décisions en ce qui a trait aux joueurs autonomes, s’est-il défendu. Ça n’aurait rien changé à nos décisions. Nous sommes très à l’aise avec notre équipe actuellement. Nous aurons toute une compétition au poste de quart. Nous croyons que nous avons de la stabilité à cette position. Un de ces quatre quarts sera notre partant. »

Avec le départ de Manziel, ces quarts sont Antonio Pipkin, Matthew Shiltz, Vernon Adams fils et Jeff Mathews. Les Alouettes ont également acquis Hugo Richard cet hiver. En vertu de ce qu’on a pu voir sur le terrain en fin de saison, il est permis de penser que Pipkin part avec une longueur d’avance.

« On ne peut pas toujours faire un pas de recul à cette position en tant qu’organisation, a-t-il dit plus tard. Nous sommes à l’aise avec nos quarts en place. Nous sommes convaincus qu’un de ceux-là va se hisser comme notre quart no 1 à long terme. »

Les Alouettes avaient payé un prix fort pour obtenir Manziel en juillet dernier, cédant en retour l’excellent receveur éloigné Chris Williams, le joueur de ligne défensive Jamaal Westerman, ainsi que leurs deux premiers choix au repêchage de 2020 et de 2021.

Les joueurs de ligne offensive Tony Washington et Landon Rice étaient également venus de Hamilton dans cette transaction.

Selon Reed, toute l’organisation ne regrette pas cette décision. Il ne croit pas non plus que la LCF dédommagera l’organisation.

Sur Twitter, Manziel a remercié les partisans et l’entraîneur Sherman. Il a ajouté que son passage au Canada lui avait redonné goût au football et qu’il souhaitait maintenant obtenir l’occasion de jouer aux États-Unis.

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