La Nouvelle-Écosse propose le consentement présumé de dons d’organes

OTTAWA | Le gouvernement de Nouvelle-Ecosse a déposé un projet de loi pour introduire le consentement présumé en matière de dons d’organes, une mesure déjà adoptée par plusieurs pays européens mais sans précédent en Amérique du Nord.

Ce texte, présenté mardi, prévoit que les habitants de cette province seront considérés comme donneurs potentiels sauf s’ils s’y opposent expressément, a expliqué mercredi à l’AFP un porte-parole du Premier ministre libéral Stephen McNeil, à l’origine du projet. 

«Le Premier ministre est inquiet pour les gens qui sont en liste d’attente pour une greffe et qui risquent de mourir, et il semblait raisonnable d’essayer de répondre à cette question», a précisé David Jackson.

Dès la semaine prochaine, les habitants de Nouvelle-Ecosse pourront débattre de ce projet lors d’audiences menées à la chambre des députés de la province. Pendant un an, les autorités vont développer l’information du public et la formation des équipes médicales pour préparer un éventuel afflux de dons.

La mesure, qui devrait être votée par les libéraux majoritaires à l’assemblée locale, n’entrera pas en vigueur avant 12 à 18 mois, selon le porte-parole. 

Actuellement, les Néo-Écossais indiquent s’ils veulent être donneurs quand ils reçoivent ou renouvellent leur carte d’assurance maladie, souligne le gouvernement.

Des mesures similaires ont déjà été introduites dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Espagne ou en Belgique. 

En Allemagne, le ministre de la Santé a présenté en début de semaine une initiative multipartite prévoyant que les Allemands seront considérés comme donneurs en cas de mort cérébrale, à moins de s’être inscrits sur un registre de refus ou de l’avoir signifié à leurs proches.

Lors du dépôt du projet de loi en Nouvelle-Ecosse, Cyndy Ryan, une quinquagénaire, a raconté à plusieurs médias comment les deux greffes de foie dont elle a bénéficié depuis 2013 lui ont sauvé la vie.

«Il y a eu tellement de changements dans ma vie, tellement de choses dont je suis reconnaissante chaque jour, et tout cela parce qu’une personne que je n’aurai jamais l’honneur de rencontrer, m’a fait le cadeau le plus généreux qu’on puisse faire, le don d’un organe, le don de la vie», a-t-elle témoigné à la chaîne CBC.

«Recyclez-vous, ensemble nous continuons à vivre», proclame un tatouage sur son bras.

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