La population de Montréal franchit le cap des deux millions d’habitants

La population de l’île de Montréal vient de franchir le cap des deux millions d’habitants… avec trois ans de retard. Les résultats du recensement de 2016 ont forcé à réviser à la baisse la population québécoise, révision qui a tout particulièrement touché la métropole. Les plus récentes projections évaluent toutefois que la croissance de Montréal a grandement accéléré. Explications.

96 000 Québécois « disparaissent »

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié hier sa plus récente estimation de la population de la province, désormais évaluée à 8,4 millions d’habitants. Au passage, elle a annoncé avoir dû procéder à une « révision majeure » des données publiées depuis 2011 à la suite des résultats du recensement de 2016. L’exercice mené par Statistique Canada a en effet déterminé que le Québec comptait 96 000 habitants de moins que le nombre estimé. « Ce n’est pas rien », souligne Martine St-Amour, démographe à l’ISQ. Ainsi, au lieu d’afficher une croissance annuelle de 0,77 %, la province a plutôt vu sa population augmenter de 0,54 % de 2011 à 2016.

Montréal écope

Cette révision a particulièrement touché l’île de Montréal. Les résultats du recensement de 2016 ont montré que sa croissance avait été moitié moindre que prévu. Ainsi, au lieu de croître à un rythme de 0,95 % par an, la population de l’île n’a progressé que de 0,48 %. Alors qu’on avait annoncé que Montréal avait franchi le cap des deux millions d’habitants en 2015, ce plateau n’a finalement été atteint qu’en 2018.

Fiabilité des données

L’ISQ explique que les recensements réalisés tous les cinq ans fournissent des données fiables, mais qu’entre ces exercices, les démographes doivent faire des projections en se basant sur certains indicateurs. Si les données sont plutôt fiables pour les naissances et les décès, elles sont plus incertaines pour le nombre de personnes changeant de province ou de pays. C’est ce qui explique pourquoi la croissance de Montréal est à ce point affectée, ses gains en population provenant principalement de l’immigration.

Croissance accélérée 

Si la croissance de Montréal a finalement été moins forte que prévu entre 2011 et 2016, l’ISQ évalue maintenant qu’elle se serait grandement accélérée depuis. En fait, l’île afficherait depuis trois ans la plus forte croissance dans la province. Et ce, malgré l’important exode que connaît Montréal au profit de sa banlieue. Les démographes de l’ISQ évaluent que la population de Montréal a augmenté de 1,74 % de 2016 à 2018, nettement au-dessus de la moyenne provinciale de 0,99 %. Cette forte croissance montréalaise serait principalement due à l’immigration et dans une moindre mesure aux naissances. Évidemment, il s’agit de projections que le recensement de 2021 pourrait invalider.

La métropole vieillit moins vite

Le bilan de l’ISQ évalue également que le vieillissement de la population se fait nettement moins sentir dans la métropole. « La population de Montréal vieillit beaucoup moins vite qu’ailleurs, que l’on regarde la proportion des 65 ans et plus ou l’âge moyen », dit Martine St-Amour. Ainsi, 16,3 % de la population montréalaise a soufflé ses 65 bougies, en deçà de la moyenne provinciale (18,8 %). Depuis 12 ans, les Montréalais ont collectivement vieilli de moins d’un an, l’âge moyen étant passé de 39,8 ans en 2006 à 40,5 ans en 2018. En comparaison, la moyenne québécoise est passée de 39,8 ans à 42,3 ans. Si Montréal perd des familles au profit du 450, elle fait le plein de jeunes adultes venant y étudier. De plus, la majorité des immigrants arrivent dans la vingtaine, ce qui contribue à freiner le vieillissement.

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