La STM veut plus de pouvoirs et d’imputabilité pour ses inspecteurs

Quelques semaines après une intervention controversée à la station de métro Villa-Maria, la Société de transport de Montréal (STM) a annoncé mercredi qu’elle souhaite que ses inspecteurs obtiennent le statut de constables spéciaux, ce qui selon elle augmenterait leurs pouvoirs et les assujettirait au comité de déontologie policière.

Le conseil d’administration de la STM a voté une motion autorisant le directeur général «à poursuivre les démarches requises» pour que les inspecteurs obtiennent cette désignation.

Selon le président du conseil, Philippe Schnobb, celle-ci permettrait aux inspecteurs d’avoir le pouvoir d’améliorer la fluidité des déplacements dans les voies réservées pour les autobus et dans les débarcadères, en plus d’améliorer la sécurité dans le réseau de transport.

«Avec le changement du statut des inspecteurs s’ajoute également un important élément d’imputabilité, ce qui assujettira les inspecteurs à la Loi sur la police et donc à l’autorité du commissaire à la déontologie policière», a ajouté M. Schnobb.

Il est toutefois écarté que les inspecteurs aient des armes à feu. «Il est clairement stipulé qu’il n’est pas question de changer l’équipement des inspecteurs», a mentionné le président.

Cette décision survient pas même un mois après qu’une intervention musclée de deux inspecteurs eut soulevé l’indignation. Le 7 mars 2019, une vidéo qui circulait sur internet montrait deux inspecteurs en train de frapper un jeune homme par terre à l’aide de bâtons télescopiques sur le quai de la station Villa-Maria, alors qu’un train de métro arrivait à toute allure, passant près de sa tête.

Le jeune homme ne détenait pas de titre de transport. Il avait été interpellé à une autre station, et s’était enfui à Villa-Maria alors que les inspecteurs se dirigeaient avec lui jusqu’à Snowdon. Une coalition formée d’élus et d’organismes avait demandé la mise sur pied d’une enquête externe. La STM a pour sa part mené une enquête interne, qui a démontré que les inspecteurs avaient respecté le protocole en place.

Selon M. Schnobb, le conseil d’administration avait ces discussions à propos du statut des inspecteurs «depuis plusieurs mois».

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