L’AMF à l’école du blockchain

Une jeune startup de Lévis, qui s’est récemment fait bloquer ses comptes bancaires par le Tribunal administratif des marchés financiers, soutient opérer en toute légalité. Cette semaine, Laboratoire Blockchain va même accueillir dans ses bureaux des employés de l’Autorité des marchés financiers (AMF) afin d’expliquer son modèle d’affaires et par le fait même «offrir une formation» sur sa technologie.  

L’AMF à l’école du blockchain

Photo courtoisie

«Nous devons actuellement composer avec des règles du Québec des années 1970 qui rendent la création de nouveaux modèles d’affaires de hautes technologies très difficiles», déplore au Journal le patron de la jeune pousse fondée en 2017, Jonathan Forte.  

En fait, Laboratoire Blockchain cherche à marier la blockchain et l’agriculture. Un projet-pilote est en cours à Neuville. Puisque les processeurs de l’entreprise qui servent au maintien du réseau des blockchains sont très énergivores, la chaleur produite par les installations peut être recyclée. Dans le cas de Neuville, l’énergie dégagée sert par la suite à la culture de fraises en serre. Cette solution permet de séparer la facture d’électricité entre les deux organisations.   

Rappelons que la blockchain est une technologie qui permet de transiger notamment des monnaies virtuelles comme le bitcoin à travers le monde. L’argent de Laboratoire Blockchain provient du support informatique offert aux blockchains. La compagnie est payée en cryptomonnaies.  

«Nous pensons que le lien entre les technologies et l’agriculture est la clé de l’autonomie agricole du Québec», fait valoir M. Forte, dans une première entrevue depuis l’intervention de l’AMF. «Le fait que le Québec ne s’adapte pas rapidement aux changements de modèles d’affaires est très inquiétant au niveau de la concurrence de nos entreprises avec les autres pays développés», poursuit-il, précisant que ses avocats sont en pourparlers avec l’AMF.  

«Ce sont des discussions axées sur l’explication de comment fonctionne notre entreprise. Principalement sur comment une opération de mining peut générer des revenus», avance le fondateur. «La bonne nouvelle, c’est que je prendrai personnellement le temps pour expliquer aux enquêteurs ce volet de notre entreprise», poursuit le jeune homme d’affaires.  

De son côté, l’Autorité des marchés financiers n’a pas voulu confirmer qu’une rencontre était à l’horaire. La direction a refusé de commenter le dossier en raison des démarches devant les tribunaux.  

L’AMF reproche entre autres à Laboratoire Blockchain d’avoir exercé au cours des dernières semaines des activités de courtiers en valeurs mobilières sans détenir de permis. Elle mentionne que des centaines d’investisseurs auraient injecté des billets verts dans la compagnie pour acquérir de l’équipement informatique servant au bon fonctionnement de la blockchain. La direction de l’entreprise aurait également fait de la sollicitation en vendant l’idée que les profits sur les investissements pourraient atteindre jusqu’à 30 % annuellement.   

«Dans les dernières semaines, il y a eu un rassemblement de mineurs vers notre entreprise, la formation d’un groupe plus fort», se défend M. Forte. «Notre compagnie a récupéré du matériel usagé pouvant supporter les blockchains les plus évoluées, avec comme objectif de leur donner une seconde vie. En échange de la récupération de leurs matériels, les gens devaient joindre notre projet», poursuit-il, assurant que son organisation ne transige pas de cryptomonnaie.   

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