Le maire de Chambly a remis sa lettre de démission

Évoquant des raisons de santé, le maire de Chambly, Denis Lavoie, a finalement remis sa démission qui entrera en vigueur le 7 mai prochain.

Dans sa lettre de démission datée du 26 mars à laquelle l’Agence QMI a pu avoir accès vendredi, M. Lavoie explique les raisons de son retrait.

«Cette décision, qui va à l’encontre de mon désir ardent de compléter mon mandat, m’a été imposée par mon médecin […] vu mon présent état de santé. L’ordonnance médicale est sans appel et requiert un état d’invalidité totale pour tout emploi.»

Denis Lavoie est en arrêt maladie depuis la fin de l’an dernier en raison d’un cancer de la gorge. Dans sa lettre, il ajoute que depuis qu’il est en arrêt de travail, il s’est «fait à l’idée, […], de devoir éventuellement démissionner pour cette raison».

«J’ai tout fait pour reporter cette décision avec pour conséquence une aggravation importante de mon état. Je n’ai donc plus le choix.»

M. Lavoie souligne qu’il est très fier de ses réalisations à titre de maire de Chambly depuis les 14 dernières années.

Cette démission survient alors que la Ville de Chambly est sous la tutelle de la Commission municipale du Québec (CMQ) depuis la fin février. La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, avait pris cette décision alors que l’administration municipale faisait l’objet d’enquêtes de la part de la CMQ ainsi que de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

«Le travail de tutelle se poursuit», a fait savoir Isabelle Rivoal, une porte-parole de la CMQ.

La démission du maire Lavoie entrera en vigueur lors du dépôt de sa lettre, le 7 mai, à la prochaine séance ordinaire du conseil municipal.

Parmi les éléments qui font l’objet d’une enquête à la Ville de Chambly figure l’utilisation alléguée d’une carte de crédit de la Ville pour des dépenses personnelles par le maire démissionnaire. Les tuteurs responsables du dossier ont, dans la foulée, décidé d’annuler la carte de crédit utilisée par M. Lavoie ainsi que celles utilisées par le directeur général, Michel Larose, et par la directrice générale adjointe, Annie Nepton.

La Ville de Chambly s’était par ailleurs retrouvée au centre d’une controverse en novembre dernier après qu’elle eut fait démolir la maison Boileau, un bâtiment historique construit vers 1820 et ayant appartenu au patriote René Boileau. Devant le tollé, la Ville avait annoncé quelques jours plus tard qu’une réplique de l’immeuble serait construite.

Aussi, plusieurs citoyens n’ont eu de cesse de dénoncer l’ambiance tendue qui aurait régné à Chambly et qui aurait mis à mal la vie démocratique sous l’administration du maire Lavoie: conseil municipal dirigé d’une main de fer, citoyens incapables de faire entendre leur voix et interdiction de filmer les séances étaient autant d’irritants.

Contenu similaire