Le pasteur Guillot convaincu de son enseignement

«Quand le gouvernement nous oblige à quelque chose qui est contraire à ce que Dieu dit, mieux vaut obéir à Dieu.»

C’est ainsi que s’est exprimé le pasteur Claude Guillot, accusé d’avoir infligé des sévices physiques et psychologiques à six enfants. Après 14 jours d’interrogatoire au cours desquels le pasteur s’est essentiellement contenté de mettre en doute le témoignage de ses victimes, c’était au tour de la Couronne de poser des questions. 

Brandissant un document appelé «Training discipline pace» qui fait l’éloge de la douleur comme moyen de correction, la procureure Sonia Lapointe a demandé à l’accusé s’il était toujours en accord avec cette façon de faire. «Mes convictions n’ont jamais changé», a-t-il répondu, ajoutant ensuite: «Sans nuance.»

Contre Harry Potter

Plus loin dans ce même document, il est question de prémunir les jeunes contre le gambling, la drogue, le sexe et la sorcellerie. «La sorcellerie, c’est pareil. Harry Potter, c’est carrément contraire à ce que la Bible enseigne. Dieu condamne toute sorcellerie», estime Claude Guillot.

Malgré les lois qui existent au pays, le pasteur n’a pas hésité, devant le juge, à se rapporter à la Bible. «C’est plus important pour moi d’obéir au Seigneur que d’obéir à des lois qui contredisent ce que Dieu me demande de faire.» 

Quand on lui a demandé s’il est convenable de recourir à la correction physique dans le cas d’un bébé de 14 mois, il a simplement répondu: «Ben oui.»

Debout pendant 11 heures

Lors de son témoignage, l’une des victimes avait rapporté avoir été obligée de rester debout devant son bureau ou dans un coin pendant 41 jours consécutifs. Selon le pasteur, le maximum a été de six jours. Quant à la durée de ces punitions, il a dit sans se défiler qu’elles duraient, «dans les pires scénarios de résistance, de 8 h le matin à 9 h le soir». «Onze heures debout ?» a demandé Me Lapointe. «Comme des militaires», a ensuite dit le pasteur. La procureure lui a aussi demandé s’il trouvait, après avoir entendu les témoignages de ses victimes et la preuve, qu’il avait parfois exagéré. «Jamais», a répondu Guillot, sourire en coin.  

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