Les changements climatiques pourraient être «irréversibles», selon le directeur général d’Ouranos

Le réchauffement du climat, qui se produit deux fois plus vite au Canada qu’en moyenne dans le monde, entrainera des «changements irréversibles et généralisés sur l’ensemble du pays», prédit le directeur du consortium de recherche sur le climat Ouranos.

En entrevue à QUB radio mardi, Alain Bourque est revenu sur l’étude d’Environnement Canada dévoilée lundi qui démontre que la température a augmenté de 1,7 °C entre 1948 et 2016 au pays, contre 0,8 °C dans le monde.

«Si on n’agit pas maintenant, on ne sera pas capable de stabiliser le climat d’ici les 20, 30 prochaines années», a averti M. Bourque. Pour y parvenir, «il faut réussir à éliminer les émissions de gaz à effet de serre dès maintenant», a-t-il ajouté à l’émission «Trudeau le midi».

Selon lui, l’impact du réchauffement dans les régions nordiques, qui est trois fois plus rapide que la moyenne mondiale, est représentatif de «l’ampleur du changement climatique qui va se produire sur les régions plus au sud».

Les changements visibles

Entre autres, les scientifiques constatent que certaines espèces d’oiseaux se déplacent de plus en plus vers le nord. «Ça fait en sorte aussi qu’il y a différents types de maladies que les producteurs agricoles […] voient de plus en plus qui proviennent du sud», a souligné le directeur d’Ouranos.

Alain Bourque cite aussi «plusieurs maladies ou insectes qui envahissent les forêts au Canada», un phénomène favorisé «par des températures qui sont plus chaudes et, surtout, par des températures moins froides».

L’impact sera aussi plus «concret sur les systèmes humains, sur les villes, sur les infrastructures, sur l’aménagement du territoire, sur le développement économique et c’est essentiellement dû au fait qu’on avait un climat stable depuis plusieurs siècles», a avancé M. Bourque, en rappelant que les «infrastructures vieillissantes» n’ont pas la capacité de faire face aux événements climatiques extrêmes.

Questionné par l’animateur Jonathan Trudeau, à savoir si toutes ces données sur le climat l’angoissaient et le rendait éco-anxieux, le climatologue a répondu que son «rôle de scientifique, c’est de donner l’information quantitative la plus réaliste possible».ÉCOUTEZ l’entrevue d’Alain Bourque, directeur général d’Ouranos, sur QUB radio: 

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