Les infirmières négocieront avec le Trésor pour leur nouvelle convention

(Québec) C’est le Conseil du trésor, et non le ministère de la Santé, qui sera responsable des négociations avec les infirmières. La ministre Danielle McCann a pu promettre des développements rapides aux syndicats, les cordons de la bourse restent entre les mains de Christian Dubé.

Le Trésor, d’ailleurs, fourbit déjà les armes pour la prochaine ronde de négociations avec l’ensemble du secteur public – des échanges doivent débuter cet automne. Le gouvernement de François Legault n’ira pas à l’extérieur de la fonction publique pour choisir un négociateur en chef ; Édith Lapointe, déjà au Trésor, sera désignée – elle devait avoir une promotion à la Régie de l’assurance maladie, mais Québec a tenu à la garder pour les négociations. Au Trésor, on cherche déjà des espaces supplémentaires pour loger l’équipe de négociation.

Dans le passé, les gouvernements Charest et Couillard avaient consenti de lourds honoraires pour les services de négociateurs externes, Me Pierre Pilote ou Maurice Charlebois.

Pas d’affrontement ouvert entre les ministres McCann et Dubé – des frictions plus dramatiques étaient survenues à l’époque entre Martin Coiteux et Gaétan Barrette sous le gouvernement Couillard. Même à l’époque où Monique Jérôme-Forget était au Trésor et Philippe Couillard à la Santé, les rapports entre les deux organisations n’étaient pas simples.

Mais Christian Dubé n’avait pas caché son intérêt pour les enjeux économiques du réseau de la Santé – le poste qu’il convoitait à l’origine. Déjà, il a récupéré toutes les négociations avec les médecins spécialistes.

Christian Dubé a clairement défendu son territoire après que Mme McCann, cette semaine, a soutenu dans un communiqué de presse « partage[r] l’objectif des professionnels de la santé et travaille[r] déjà à mettre fin au temps supplémentaire obligatoire (TSO) au cours de son mandat ». Fin janvier, elle avait même promis des améliorations avant la fin de 2019.

Sa déclaration vient compliquer la position du gouvernement parce qu’elle tombe au moment où Québec et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, qui représente 76 000 infirmières, se trouvaient convoqués au Tribunal administratif du travail, pour discuter de la décision syndicale de refuser tout TSO, le 8 avril prochain.

« C’est un engagement ferme », avait déclaré Mme McCann, rappelant que le budget d’il y a deux semaines avait ajouté 200 millions afin d’embaucher du personnel soignant. En fait, cet argent va aux infirmières dans les CHSLD, dans les hôpitaux et divers établissements, mais est aussi destiné à l’embauche de préposés et d’infirmières auxiliaires.

Projets pilotes en cours

À la Santé, on convient que les négociations avec les infirmières sont du ressort du Trésor. Mme McCann a la main haute sur les opérations dans le réseau, toutefois. Mais les engagements pour réduire le temps supplémentaire obligatoire doivent s’inspirer des résultats des 18 projets pilotes lancés par Gaétan Barrette avant les élections. Ces enquêtes régionales doivent proposer des ratios patients-infirmières susceptibles de réduire la charge de travail de ces dernières.

Or, à terme, c’est une facture potentielle de 850 millions, chaque année, qui plane au-dessus de la tête du gouvernement. Les infirmières québécoises évoquent l’Australie et la Californie comme références – la facture dépasserait alors largement le milliard de dollars.

Mme McCann a évoqué l’injection de 17 millions, mais ces sommes sont uniquement destinées à mettre en place les projets pilotes dans les régions.

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