Les négociateurs au Congrès disent avoir un accord pour éviter un «shutdown»

En campagne à El Paso, ville frontalière avec le Mexique, le président Donald Trump a martelé lundi soir que les murs permettaient de « sauver des vies », tout en restant évasif sur une possible percée au Congrès dans les négociations sur l’immigration.

Peu avant qu’il ne monte sur scène, des élus ont annoncé un accord de principe entre démocrates et républicains pour éviter une nouvelle paralysie partielle de l’administration fédérale (shutdown) dans quatre jours. Le compromis prévoit 1,3 milliard de dollars américains pour des barrières aux frontières, loin des exigences initiales de la Maison-Blanche, environnant les 5,7 milliards.

Le président américain ne s’est pas directement prononcé sur cette possible sortie de l’impasse. « Ils ont dit que des progrès avaient été enregistrés […] Il y aura peut-être des bonnes nouvelles, mais qui sait? »

Les détails de l’accord de principe ne seront pas officiellement publiés avant mardi, mais l’entente serait arrivée à temps pour faire tomber la menace d’une paralysie partielle du gouvernement en fin de semaine. 

Les démocrates auraient cédé du terrain, lundi, sur leurs demandes pour limiter le nombre de détentions d’immigrants par les autorités fédérales.

Après 35 jours de blocage, un record dans l’histoire des États-Unis, Donald Trump avait finalement cédé fin janvier, signant une loi budgétaire permettant de payer les salaires de quelque 800 000 fonctionnaires fédéraux. Mais le répit n’a été que temporaire, et la nouvelle échéance, fixée au 15 février, approche.

Rassemblement parallèle

« Nous avons besoin d’un  mur […] et nous le construirons rapidement », a martelé le président américain devant ses artisans à El Paso.

Un oeil sur la présidentielle de 2020, où il entend briguer un second mandat, Donald Trump a étrillé Beto O’Rourke, étoile montante du parti démocrate, qui participait à un rassemblement non loin de là.

Le quadragénaire texan, qui a promis de se prononcer sur ses éventuelles ambitions présidentielles d’ici la fin du mois de février, avait appelé au rassemblement pour répondre « aux mensonges et à la haine par la vérité et une vision ambitieuse et positive pour l’avenir ».

Donald Trump a longtemps ironisé sur ce « jeune homme qui a perdu une élection [sénatoriale] face à Ted Cruz ».

« Il n’a pas grand-chose pour lui à part son prénom », a-t-il raillé, affirmant qu’il n’avait pas réussi à réunir plus de « 200, 300 personnes ». « Cela pourrait être la fin de son aventure présidentielle…»
 

La manifestation, organisée par plusieurs ONG, visait à dénoncer « l’obsession de Trump sur le mur frontalier et le prisme déformant avec lequel il décrit la vie à El Paso ».

La semaine dernière, lors de son discours sur l’état de l’Union, le président a en effet cité la ville en exemple. Mais ses arguments n’ont pas, loin s’en faut, plu à tous ses habitants.

« Elle avait un taux extrêmement élevé de crimes violents et était considérée comme l’une des villes les plus dangereuses du pays », a-t-il affirmé. « Depuis qu’une puissante barrière a été mise en place, El Paso est devenue une des villes les plus sûres du pays. »

Sauf que cette description de cette ville texane ne résiste pas à l’analyse des chiffres. La construction d’une barrière a bien eu lieu sur place en 2008-2009. Or, sur les 30 dernières années, le pic de la criminalité se situe au milieu des années 1990, avec une baisse d’environ un tiers des crimes violents entre 1993 et 2006.

« El Paso est l’une des communautés les plus sûres des États-Unis, et ce, depuis bien avant que le mur soit construit », a souligné l’élue démocrate Veronica Escobar, qui estime que le président américain doit des excuses aux habitants. « Cette désinformation fait des dégâts », a-t-elle ajouté.

Avec Associated Press

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