Manifestation contre la discrimination dans l’accès au logement

Une centaine de personnes, la plupart issues du milieu communautaire, ont marché dans les rues du quartier Saint-Michel hier après-midi pour dénoncer la discrimination dans l’accès au logement. Elles ont aussi demandé plus de logements sociaux et des changements dans les critères pour y accéder.

« Ça m’est arrivé d’appeler quelque part et tout de suite, en reconnaissant mon accent, de me faire dire : ici, on ne prend pas de Latinos », a dit Viviana Medina.

L’organisatrice communautaire dit avoir entendu des histoires de discrimination et de violence dans le cadre de son travail au Centre pour les travailleurs et travailleuses immigrants. Elle-même se cherche un nouveau logement après une augmentation de son loyer, mais elle trouve la recherche difficile. « Je vois que dans le quartier, ça augmente de plus en plus, a souligné la résidante de Saint-Michel depuis cinq ans. Si je veux payer moins cher, il faut que j’aille plus loin. »

Taux d’inoccupation

Dans son rapport d’octobre 2018, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) calculait un taux d’inoccupation des logements à 1,9 % à Montréal. Il était de 3,9 % il y a deux ans, et on considère que le point d’équilibre est atteint à 3 %. Des groupes oeuvrant dans le secteur de la défense des locataires, comme le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), l’un des organisateurs de la manifestation, ont sonné l’alarme sur une crise du logement.

Dans le quartier Saint-Michel, la SCHL évaluait le taux d’inoccupation des appartements de deux chambres à 0,1 % dans son rapport.

« Ce qu’on constate dans Saint-Michel, c’est que le marché privé ne répond pas aux besoins des familles », a exprimé Olivier Vézina, responsable du Bureau Info Logement du Centre éducatif communautaire René-Goupil. L’organisme prône le développement de logements sociaux sur le site de l’ancienne carrière Francon. La marche a d’ailleurs convergé vers le lieu. « On veut l’appui des élus », a dit sa collègue Barbara Eyer, agente de développement. Elle a aussi souligné la nécessité, selon elle, de modifier les paramètres pour réaliser les projets de logements sociaux, notamment financiers. Et d’en élargir l’accès.

Le Comité logement Rive-Sud était aussi sur place, une grande pancarte jaune bien visible au milieu de la marche. Les préoccupations sur l’accès aux logements touchent plusieurs villes du Québec.

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