Projet de loi sur la laïcité: les libéraux dénoncent l’empressement de la CAQ

Le gouvernement Legault bafoue les règles démocratiques en s’apprêtant à adopter par bâillon le projet de loi sur les signes religieux, dénonce l’opposition libérale en exigeant plus de temps.

Le débat autour du projet de loi 21 interdisant à certains employés de l’État de porter des signes religieux, déposé il y a une semaine, devient chaque jour plus acrimonieux.

Le chef de l’opposition officielle, le libéral Pierre Arcand, a accusé jeudi le premier ministre Legault de mépriser les citoyens qui ne pensaient pas comme lui, se montrant ainsi indigne d’occuper sa fonction.

Le nombre de jours requis pour faire franchir toutes les étapes à ce projet de loi complexe, qui porte sur un sujet délicat et controversé, n’est pas respecté, selon le chef libéral, qui exige davantage que les cinq semaines prévues d’ici le 14 juin.

Une telle prolongation impliquerait cependant de reporter l’étude approfondie, la consultation et l’adoption du projet de loi à la session d’automne, un scénario qui n’est pas dans les plans du gouvernement.

L’échéance du 14 juin

Car le premier ministre Legault est demeuré sur ses positions, jeudi. Il a réaffirmé sa ferme intention, en mêlée de presse, de procéder rapidement, se montrant prêt à utiliser la procédure exceptionnelle du bâillon si nécessaire.

Les travaux parlementaires de la présente session prennent fin le 14 juin et le premier ministre tient à ce que le projet de loi 21 soit adopté avant cette échéance.

« Vous méprisez ceux qui ne pensent pas comme vous », a lancé Pierre Arcand au premier ministre en Chambre, en matinée, pour dénoncer le fait que, faute de temps, bien des gens risquent de ne pas pouvoir exprimer leur opinion sur le projet de loi. Il a ajouté qu’il s’interrogeait à savoir si ce dernier était « vraiment digne de la fonction » qu’il occupe.

Piqué au vif, le premier ministre a répliqué en disant qu’il ne descendrait « pas aussi bas que le chef de l’opposition officielle ».

En conférence de presse, plus tôt, M. Arcand avait fait valoir qu’il était totalement inusité de voir un gouvernement évoquer le bâillon dès le dépôt d’un projet de loi, alors qu’il s’agit habituellement d’un ultime recours parlementaire utilisé en fin de course pour débloquer une impasse, quand tous les autres moyens n’ont pas fonctionné.

Legault veut clore le débat

« Tout a été dit » dans ce dossier depuis une décennie, a observé M. Legault, qui est d’avis que les positions des quatre différents partis sont déjà connues et ne changeront pas. Selon lui, les libéraux ne cherchent qu’à « laisser traîner » les choses.

Il a même dit craindre des menaces à la paix sociale si le débat se poursuivait trop longtemps.

« Il est temps qu’on tourne la page. Étirer le dossier ne serait pas nécessairement bon pour la cohésion sociale », selon lui.

« On a intérêt à régler ça rapidement », a martelé le premier ministre, convaincu que l’échéance du 14 juin est réaliste pour mener à bien la consultation, l’étude et l’adoption du projet de loi.

Mais les échéances sont assurément très serrées, car d’ici là, les parlementaires doivent d’abord étudier et adopter les crédits dévolus aux différents ministères, une opération qui nécessitera de nombreuses heures dans les prochaines semaines. De plus, le Parlement fait relâche une semaine en avril et une autre en mai.

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