Propos islamophobes: La mairesse fera appel au conseiller à l’éthique de la Ville de Montréal

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, demandera au conseiller à l’éthique et à la déontologie de la Ville de se pencher sur les propos controversés sur l’«islamisation» du Québec tenus par une conseillère municipale d’Anjou, Lynne Shand.   

«Lorsqu’on a le privilège d’être un élu, on doit représenter tous les citoyens, citoyennes, de son district, de son quartier, mais également de la ville au grand complet», a fait valoir la mairesse, choquée par les propos de Mme Shand.  

«Ce qu’on a l’intention de faire, c’est de demander justement au conseiller à l’éthique qu’est-ce qu’il est possible de faire», a-t-elle indiqué lundi soir, en réponse à une question citoyenne lors de la séance du conseil municipal du 25 mars dernier.  

«Il faut non seulement s’excuser, mais il faut aussi s’assurer que les élus comprennent la responsabilité qu’ils ont lorsqu’ils ont une tribune particulière, a enchaîné la mairesse. Lorsqu’on véhicule des préjugés ou des commentaires qui peuvent mener à de la haine, pour nous, c’est inacceptable, alors nous allons faire appel au conseiller à l’éthique».  

Mme Shand devrait «s’excuser en bonne et due forme», avait fait valoir Mme Plante plus tôt dans la journée. «C’est inexcusable, elle doit s’excuser sans équivoque», avait aussi demandé Lionel Perez, chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville. Le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, s’est dissocié des propos tenus par Mme Shand.  

Excuses auprès des musulmans  

Lynne Shand s’est effectivement excusée pour ses propos. «Je tiens à profondément m’excuser auprès de tous mes concitoyens et spécialement auprès de mes concitoyens musulmans si certains de mes propos écrits sur Facebook auraient pu blesser», a écrit Mme Shand sur Facebook, le lundi 25 mars.  

«Ce que j’aurais vraiment voulu écrire, c’est que je crois fermement dans une société laïque ou toutes les religions et tous les symboles religieux ne devraient pas avoir d’influence sur les institutions publiques et gouvernementales», a-t-elle poursuivi, assurant ne faire part d’aucun groupe extrémiste.  

Dimanche dernier, Mme Shand avait été critiquée pour un message publié sur Facebook, dans lequel elle se plaignait de «l’islamisation» du Québec après avoir été examinée par une femme voilée lors d’une consultation en ophtalmologie. La conseillère municipale a ensuite expliqué être contre les signes religieux ostentatoires dans les lieux publics et pour certaines professions, comme des médecins ou policiers.  

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