Québec solidaire «indépendantiste antiraciste»: «Lâchez-nous avec l’islam !» – Catherine Dorion

La députée Catherine Dorion a présenté Québec solidaire comme un parti indépendantiste «profondément antiraciste» au lancement du Conseil national solidaire, qui doit accoucher d’une nouvelle position sur la laïcité.

«On est en train à QS de redessiner un indépendantisme qui assume profondément son antiracisme. Il va falloir le dire partout quece qui menace notre culture et notre territoire, ce n’est pas l’islam, et lâchez-nous avec l’islam ! Ce n’est pas les musulmans qui sont partout dans les couloirs à mettre du gros cash pour influencer le gouvernement, c’est le capitalisme qui couche dans le lit de nos gouvernements», a-t-elle lancé vendredi soir, lors du discours d’ouverture de l’événement, qui se tient cette fin de semaine à Québec.

«Lâchez nous avec l’islam et les chartes des valeurs !», a-t-elle renchéri, devant quelque 300 militants réunis pour l’occasion.  

Depuis des années, les élus solidaires défendent les conclusions du rapport Bouchard-Taylor, qui recommande d’interdire les signes religieux chez employés de l’État en position de coercition, comme les juges, les policiers et les gardiens de prison. 

Mais un important mouvement à l’intérieur du parti réclame depuis plusieurs mois un changement de position. Deux camps s’affrontent donc cette fin de semaine au sein de QS : les tenants de la laïcité, qui militent pour le statu quo, et les « inclusifs », qui refusent tout interdiction. 

Sur le parquet du Conseil national vendredi soir, les «inclusifs» semblaient toutefois beaucoup nombreux et organisés. Certains députés, comme Ruba Ghazal, en faveur de l’interdiction des signes religieux chez les personnes en position de coercition, ont même senti le besoin de sortir publiquement dans les dernières semaines pour tenter de renverser la vapeur. 

Première femme voilée candidate solidaire aux dernière élections, Ève Torres souhaite que sa formation politique choisisse de ne plus défendre l’interdiction des signes religieux. «Ce sera l’occasion pour QS, en respectant le choix de ses membres, de pouvoir défendre sans compromis ses valeurs tant féministes que de justice pour tous, d’accès à l’égalité etc. Ça serait important politiquement», a-t-elle confié avant le début des instances. 

Représentante de l’Association solidaire de Laurier-Dorion, Camille Godbout a été mandatée par ses membres pour défendre elle aussi un changement de position du parti. Selon elle, les solidaires ne s’éloigneront pas du pouvoir en se positionnant contre l’interdiction des signes religieux, ce que souhaite pourtant une majorité de citoyens. 

«De façon générale, QS n’est jamais vraiment allé vers les positions qui faisaient le plus l’unanimité au sein de la population de façon générale, mais on a toujours réussi à convaincre en fait les gens du bienfondé de notre projet politique et de ce qu’on défend», a-t-elle dit. 

Un sondage Léger réalisé du 22 au 26 mars pour la CAQ révélait vendredi que le gouvernement Legault peut compter sur l’appui de deux Québécois sur trois pour bannir les signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité.  

Contenu similaire