Québec tiendra une commission parlementaire sur les pesticides

Dans la foulée des reportages accablants sur l’usage des pesticides, le gouvernement du Québec lance une commission parlementaire afin d’en mesurer les impacts sur la santé publique et l’environnement.

Réunis tôt ce matin, les 13 membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles ont unanimement voté en faveur de la tenue d’une telle commission qui se penchera par ailleurs « sur les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, et ce, en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois. »

La Commission est présidée par le député caquiste Mathieu Lemay. Elle est formée de sept élus caquistes, de quatre élus libéraux, d’une élue de Québec solidaire et d’un élu péquiste.

Les libéraux et la solidaire ont tenté d’inclure dans le mandat que la commission parlementaire se penche aussi sur l’indépendance de la recherche en agriculture, mais cette disposition a été battue au vote de ce matin.

Dans un geste rare il y a deux semaines, l’Union des producteurs agricoles, Équiterre et la Fondation David Suzuki ont uni leurs voix pour demander la tenue d’une commission parlementaire sur les risques associés à l’utilisation des pesticides.

« C’est quelque chose qu’on voulait et on est contents que ça se fasse. Il y a toutes sortes de questions dans l’espace public qui méritent d’être répondues », a déclaré le ministre de l’Agriculture André Lamontagne lors d’une mêlée de presse ce matin à Québec.

Bonis illégaux pour les agronomes

Selon un reportage de Radio-Canada publié ce matin, 80 % des entreprises qui vendent des pesticides rémunèrent leurs agronomes avec des primes, des bonis ou des commissions en plus de leur salaire. Une pratique illégale qui ouvre la porte à l’usage d’un plus grand volume de pesticides. Au Québec, la majorité des agronomes oeuvre dans le secteur privé.

« C’est certainement très préoccupant. Je vous rappelle que la conduite et l’éthique des agronomes sont régies par l’Ordre des agronomes du Québec et je fais le voeu sincère que l’ordre va être diligent dans les suites qu’elle va donner aux conclusions du rapport qu’elle a rédigé », a indiqué, ce matin, le ministre Lamontagne au sujet de cette révélation.

Contenu similaire