Recrutement: Montréal misera davantage sur les réseaux sociaux

Peinant de plus en plus à recruter du personnel alors que ses besoins sont en hausse, la Ville de Montréal a décidé de miser davantage sur le recrutement en ligne et moins sur les traditionnels chasseurs de têtes.

En 2014, la métropole avait eu à recruter 1867 personnes pour pourvoir ses postes vacants. L’an dernier, elle a fait pas moins de 2704 embauches. Et les besoins croîtront alors que, d’ici cinq ans, le quart des 28 000 employés de la métropole prévoient prendre leur retraite.

Or, les remplacer ne sera pas une mince tâche alors que la métropole dit faire face à une véritable « guerre des talents ». La région est durement touchée par la pénurie de main-d’oeuvre : l’Institut de la statistique a évalué en 2018 à 73 000 le nombre de postes vacants dans la grande région de Montréal, en hausse de 37 % par rapport à l’année précédente.

« L’ère où il suffisait d’afficher un poste et d’attendre que les candidats se manifestent est maintenant révolue », constate le service des ressources humaines de la Ville de Montréal.

La métropole utilisait déjà le réseau social LinkedIn depuis 2015 pour recruter du personnel, mais elle entend désormais accentuer son utilisation. L’administration Plante vient ainsi de signer une entente de 275 000 $ sur deux ans avec l’entreprise appartenant au géant Microsoft.

Cette entente donnera à la soixantaine de recruteurs de Montréal un accès privilégié aux 2,3 millions de Québécois et 15 millions de Canadiens ayant un profil sur ce réseau social professionnel. Celui-ci se targue par ailleurs d’en compter 610 millions dans le monde. LinkedIn prévoit aussi mettre davantage de l’avant les offres d’emploi de la Ville, qui pourra afficher jusqu’à 51 postes simultanément.

ÉCONOMIES ATTENDUES

Bien que l’entente se chiffre à plus d’un quart de millions, Montréal estime qu’elle générera des « économies substantielles ». À défaut de miser sur le réseau social afin de pourvoir les postes vacants, la métropole estime qu’elle recourra à des firmes de chasseurs de têtes. Or, celles-ci facturent de 18 % à 33 % du salaire annuel de la personne recrutée, selon la rareté des candidats et les responsabilités. La facture pour le recrutement d’un cadre touchant 100 000 $ peut ainsi s’élever à plus de 25 000 $.

Parmi les autres avantages, Montréal estime que le réseau social lui donnera un accès privilégié aux « candidats passifs », c’est-à-dire les personnes n’étant pas activement en recherche d’emploi, mais qui pourraient être tentées par un nouveau défi. « Le bassin de candidats en recherche active d’emploi n’est plus suffisant pour répondre aux besoins de la Ville », estime cette dernière.

Montréal a évalué la possibilité de miser sur un concurrent à LinkedIn, mais a constaté que le réseau social n’a pas de véritable concurrence. Ses principaux rivaux, Viadeo et Xing, sont peu populaires au Canada. Le premier est présent en France, mais compte à peine 3600 utilisateurs de ce côté-ci de l’Atlantique. Principalement actif en Allemagne, le second compte 10 000 membres au Canada, trop peu pour une organisation comme Montréal comptant 28 000 employés.

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