Santé et éducation: la CAQ pourrait dépenser moins

C’est ce qu’a laissé entendre le ministre des Finances, Eric Girard, en commission parlementaire jeudi après-midi. L’augmentation des dépenses en 2019-2020 pourrait donc être inférieure aux 5 % ciblés dans le budget déposé le 21 mars dernier.

M. Girard était questionné par l’opposition péquiste sur la capacité du gouvernement caquiste de réaliser ses engagements si la croissance économique espérée n’est pas au rendez-vous dans les prochaines années.

« Vous allez peut-être dire aux Québécois : « nous l’avions prévu, l’économie ne s’est pas comportée comme on l’espérait, donc malheureusement, nous ne pourrons réaliser les engagements en vertu desquels nous nous sommes fait élire » », a imagé le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet.

M. Girard a alors répondu qu’il pouvait compter sur une « marge de manoeuvre additionnelle ».

Il a fait remarquer qu’au cours des années précédentes, sous le gouvernement Couillard, il y a eu une « erreur de prévision des dépenses », donc les dépenses réalisées n’ont pas été à la hauteur des dépenses estimées, pour reprendre ses mots.

Le ministre a fait référence au document budgétaire qui note qu’en 2015-2016, les dépenses étaient de 2,1 milliards moins élevées que prévu, et en 2016-2017, de 1,6 milliard.

Il y a donc « possibilité de marge de manoeuvre sur le cadre financier si cette situation perdure ».

Le ministre des Finances a précisé qu’il ne voulait « pas prendre de position idéologique » et blâmer le gouvernement libéral précédent, mais qu’il a observé un phénomène : « Chaque année, une part des surplus budgétaires historiques est reliée à un niveau de dépenses qui ne rencontre pas les objectifs de dépenses établis dans le cadre du processus budgétaire. »

Quant à savoir s’il allait ainsi encourager un niveau de dépenses inférieur aux prévisions, M. Girard a fait remarquer que c’est à son collègue, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, de répondre à cette question, puisque c’est lui qui est responsable des dépenses.

M. Ouellet a pour sa part souligné que l’écart entre les dépenses promises et les dépenses réelles est « problématique », puisque des organismes comme des commissions scolaires attendent alors des sommes qui ne sont pas acheminées.

Il s’est inquiété qu’on puisse « revivre la même chose » qu’au cours du dernier mandat du gouvernement libéral.

Rappelons que dans son budget déposé il y a deux semaines, le gouvernement caquiste prévoit une augmentation moyenne des dépenses de 5 % en 2019-2020 dans les portefeuilles ministériels, et plus précisément 5,4 % en Santé, ainsi que 5,1 % en Éducation.

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