SNC-Lavalin: le Sénat veut s’en mêler

Il faudra d’abord qu’ils s’entendent sur le véhicule, des motions concurrentes ayant été déposées par le camp des indépendants et celui des conservateurs – désormais minoritaires au Sénat – et qu’ils appuient sur l’accélérateur s’ils souhaitent réellement mener leur propre enquête.

Hier, alors que le premier ministre Justin Trudeau s’apprêtait à chasser Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott du caucus libéral, le sénateur indépendant André Pratte déposait une motion visant la création d’un comité spécial pour étudier le dossier.

Contrairement aux deux motions qui ont été présentées dernièrement par l’opposition conservatrice à la chambre haute, la sienne ne comporte pas de liste de personnes à convoquer.

« C’est ça, à mon avis, l’erreur des motions conservatrices ; elles donnent une liste spécifique de témoins à entendre. Moi, ce que je dis, c’est que le comité entendra qui il pense entendre », a-t-il expliqué en entrevue à La Presse ce matin.

En vertu de la motion, un comité sénatorial ad hoc aurait le mandat de se pencher sur les questions entourant l’indépendance du procureur général du Canada, la possibilité de séparer ce rôle de celui de ministre de la Justice, et l’enjeu des accords de réparation.

Si le sénateur Pratte est d’avis que l’ex-ministre Wilson-Raybould a fait le tour de la question dans ses témoignages – l’un oral, l’autre écrit – au comité de la justice des Communes, il estime tout de même qu’elle pourrait contribuer à l’exercice sénatorial.

« Honnêtement, moi, personnellement, je pense que sur ce qui s’est passé, elle n’a pas grand-chose d’autre à ajouter. Maintenant, peut-être qu’elle a des choses intéressantes à dire sur comment prévenir des crises comme celle-là dans l’avenir », a-t-il exposé.

Le leader de l’opposition officielle au Sénat, Larry Smith, a déposé en février une motion visant à faire comparaître une dizaine de personnes, dont le premier ministre Justin Trudeau, devant le comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles.

La démarche est toujours en suspens, a-t-on indiqué à son bureau aujourd’hui. L’autre motion conservatrice est celle de Don Plett. La sienne, qui demande la comparution de Mme Wilson-Raybould seulement, n’a pas encore été débattue.

Le problème, c’est que le temps commence à presser.

Car il reste moins de dix semaines au calendrier des travaux du Sénat – et d’ailleurs, le représentant du gouvernement à la chambre haute, Peter Harder, a déposé hier une motion d’attribution de temps pour s’assurer de l’adoption de 11 projets de loi.

Avec tout ce pain sur la planche, on peut se demander si l’affaire SNC-Lavalin se retrouvera dans les limbes au Sénat, car les comités en place seront débordés.

C’est la raison pour laquelle le sénateur Pratte croit qu’il serait mieux de confier l’enquête à un comité spécial.

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