Traitée comme un bandit pour une tortue trouvée

Une jeune femme de la Rive-Sud qui vendait une tortue adoptée il y a 10 ans dénonce avoir été traitée comme une criminelle par des agents de la protection de la faune alors qu’elle ignorait qu’il s’agissait d’une espèce menacée.

« Je l’avais ramassée dans un camping lorsque j’avais 12 ans, raconte Émilie J. Talbot, aujourd’hui âgée de 22 ans. Ça a pris toute une ampleur alors qu’ils auraient simplement pu m’écrire et venir chercher la tortue. C’est ridicule, je n’ai jamais eu de mauvaises intentions. »

Elle était propriétaire de deux tortues, une musquée et une peinte du centre. Les deux bêtes étaient en conflit depuis quelque temps et la jeune femme a décidé de mettre une annonce sur Kijiji pour en vendre une.

La tortue musquée qui lui a été confisquée. 

Photo courtoisie

La tortue musquée qui lui a été confisquée. 

Fusil et veste pare-balles

Or, la protection de la faune n’a pas lésiné lorsqu’est venu le temps d’enquêter sur la situation : des agents se sont fait passer pour des acheteurs potentiels, ils ont obtenu un mandat de perquisition et fouillé son appartement, équipés d’une veste pare-balles et d’un fusil.

« Il me semble qu’après la visite de mon appartement où ils ont fait semblant de vouloir acheter la tortue, ils auraient très bien pu réaliser que je suis loin d’une criminelle ou d’une contrebandière. Ils auraient pu utiliser leur gros bon sens », s’insurge l’étudiante en administration à l’UQAM.

Quelques jours plus tard, trois agents sont débarqués chez elle, mandat à la main, et sont repartis avec la tortue musquée, une espèce menacée au Québec.

« Je ne savais même quelle était l’espèce de la tortue avant de la mettre en vente. J’ignorais que c’était illégal », déplore-t-elle.

Simple Avertissement

Jeudi, la jeune femme s’est fait interroger par des agents. On lui a mentionné qu’elle pourrait recevoir des amendes pour un total d’environ 1300 $. Toutefois, après que Le Journal eut questionné le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), on lui a seulement servi un avertissement « après analyse du dossier ».

« Ce n’était pas du trafic ou quoi que ce soit, a justifié Sylvain Carrier, porte-parole du MFFP. Ils doivent suivre un processus d’enquête complet. […] Ça peut laisser paraître que c’est disproportionné, mais c’est que rien n’est pris à la légère. »

« J’ai vraiment eu chaud, c’était pas mal stressant », dit Émilie J. Talbot à la suite de sa mésaventure.

Elle avait même pris les services d’une avocate, Célestine Chartier, qui avait accepté de l’aider gratuitement.

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