Un arbitre souffre toujours trois semaines après l’attaque

L’arbitre de hockey frappé au visage par un joueur enragé lors d’un tournoi amical sur la Côte-Nord est encore affligé des séquelles d’une commotion cérébrale grave, trois semaines après les événements.

« Je pleure. Je m’énerve pour rien. J’ai mal au cœur et à la tête. Je ne mange plus. Les symptômes sont toujours bien présents », énumère péniblement Philippe Paradis, 33 ans, du secteur Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières.

L’arbitre Philippe Paradis est confiné à sa résidence de Trois-Rivières, trois semaines après avoir été frappé violemment au visage par un joueur amateur de hockey mécontent

Photo Andréanne Lemire

L’arbitre Philippe Paradis est confiné à sa résidence de Trois-Rivières, trois semaines après avoir été frappé violemment au visage par un joueur amateur de hockey mécontent

En plus des pertes de mémoire et de la fatigue, le père de famille peine à lire pendant plus de cinq minutes. Il est confiné chez lui 24 heures sur 24.

« [Avant-hier], j’ai tenté d’aller marcher. J’en paie encore le prix. Je n’ai plus envie de rien faire. Tout ça, au départ, pour une pénalité de deux minutes », déplore l’officiel qui a mis une fin abrupte à sa carrière après les événements du 16 mars.

Ce jour-là, il arbitrait une rencontre d’adultes dans une catégorie récréative à Havre-Saint-Pierre.

Après avoir imposé une pénalité au joueur amateur Nicolas Cyr, M. Paradis a vu le hockeyeur en furie l’enguirlander.

Des extraits de la séquence qui a été filmée. 

Capture d’écran d’archives

Des extraits de la séquence qui a été filmée. 

Capture d’écran d’archives

Capture d’écran d’archives

Coup gratuit

Cyr avait prévenu l’arbitre que si son tournoi se terminait en raison d’une suspension, le sien allait aussi prendre fin.

Sur ces paroles, M. Paradis s’est fait asséner une droite inattendue au visage, qui l’a instantanément mis K.-O.

La séquence, filmée à partir des gradins, avait rapidement fait le tour du web.

Depuis l’agression, l’homme qui travaille pour le gouvernement fédéral n’est pas l’ombre de lui-même.

« Ma fille m’a dit hier [mercredi] qu’elle avait hâte que papa recommence à jouer avec elle, confie-t-il, visiblement ébranlé. Je savais que j’avais une commotion cérébrale, mais je ne pensais pas que ce serait aussi grave que ça. »

Bon soutien

Incapable de s’occuper de son enfant, il avoue du même coup que ses sautes d’humeur injustifiées complexifient la relation avec sa conjointe.

« J’en ai encore pour au moins un mois sans travailler. Au moins, mon employeur m’offre un bon soutien », conclut-il.

Son assaillant de 45 ans s’est quant à lui présenté à la police deux jours après son geste.

Il a été arrêté pour voies de fait ayant causé des lésions corporelles.

Nicolas Cyr a par la suite été libéré sous promesse de comparaître.

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