Un réfugié rwandais veut ramener son bébé au plus vite

VICTORIAVILLE | Un barbier réfugié adoré de sa communauté adoptive québécoise implore les autorités de l’aider à ramener son bébé naissant rapidement au Canada après le décès soudain de sa femme au Rwanda.

Thierry Cikulu, un réfugié détenant sa résidence permanente et qui vit depuis cinq ans à Victoriaville, dans le Centre-du-Québec, était retourné au Rwanda il y a quelques semaines pour assister à la naissance de son premier enfant.

La petite Chloé Asifiwe Cikulu, née le 10 mars 2019 au Rwanda. 

Photo courtoisie

La petite Chloé Asifiwe Cikulu, née le 10 mars 2019 au Rwanda. 

Sa femme, Emma Tuyishime, qui était restée au Rwanda en attendant des documents pour son arrivée au Québec, a accouché de la petite Chloé Asifiwe Cikulu le 10 mars vers 21 h, et est morte quelques heures plus tard.

Demande accélérée

L’homme de 31 ans doit quitter le Rwanda le 3 avril pour retourner à Victoriaville gagner sa vie dans son salon de barbier. Normalement, il aurait laissé le bébé avec sa mère en attendant leur retour. Mais là, avec son décès, il n’est pas du tout à l’aise de laisser le bébé en Afrique.

C’est pourquoi le papa a présenté cette semaine au ministère de l’Immigration une demande de visa urgent pour ramener son nouveau-né au Québec, que Le Journal a pu consulter.

« C’est le gouvernement qui peut m’aider pour que ma fille puisse revenir avec moi », affirme celui qui est épaulé par sa famille.

Selon le site internet d’Immigration Canada, le traitement d’une demande de visa temporaire venant du Rwanda prend 49 jours.

Le père a été informé que le délai pourrait être écourté vu qu’il s’agit d’un dossier « urgent ».

Le ministère n’a toutefois pas répondu au Journal à savoir si cela allait être possible dans le cas de M. Cikulu.

Erreur médicale ?

Selon le papa, l’accouchement s’était pourtant bien déroulé. Cependant, un médecin l’a averti, après coup, que sa femme perdait beaucoup de sang et qu’il n’y avait aucune provision dans cet hôpital pour procéder à une transfusion.

Quelques minutes plus tard, il a été informé que sa femme n’était pas passée au travers. Il est convaincu que son épouse a été mal suivie après l’accouchement.

Cet homme natif du Congo vit difficilement cette épreuve.

« Ce n’est pas évident. Ma tête est bouleversée », a-t-il soufflé en sanglots au Journal, lors d’un entretien téléphonique du Rwanda.

Son bébé, lui, se porte bien.

« C’est une petite fillette tranquille et elle boit bien », assure-t-il.

Depuis qu’il vit à Victoriaville, M. Cikulu s’est vite fait connaître comme barbier. Grâce à son grand cœur, il est fort apprécié de sa communauté d’accueil.

Sa sœur, Chanceline Baraka, pleurait de voir la solidarité de la population, qui a amassé 4200 $ à ce jour, dans le cadre d’une campagne de sociofinancement pour le soutenir.

« Il n’est pas le premier à perdre sa femme, mais son histoire a vraiment touché les gens […]. Il est tellement gentil avec tout le monde », dit Mme Baraka.

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