Une ancienne gymnaste témoigne contre l’ex-entraîneur Michel Arsenault

Une ancienne gymnaste a raconté en cour lundi comment elle s’est retrouvée à assouvir tous les fantasmes sexuels de l’entraîneur d’élite Michel Arsenault lorsqu’elle a été prise sous son aile dans l’espoir d’atteindre les Jeux olympiques, à l’adolescence.

« Je suis une survivante », a martelé l’ancienne athlète, dont l’identité était protégée par un paravent pendant son témoignage à l’enquête préliminaire de l’ex-entraîneur.

Michel Arsenault, 57 ans, est accusé d’agressions sexuelles et de voies de fait sur six mineures. Les faits remontent à plus de 30 ans et seraient survenus alors qu’il était entraîneur au Flipgym, un club de gymnastique situé dans le quartier Rosemont.

La première femme à prendre la parole pour témoigner a raconté une gradation de l’inconfort et des avances sexuelles dans sa relation avec son entraîneur. Sous son emprise, elle s’est éventuellement retrouvée à avoir des relations sexuelles complètes avec lui, jusqu’à plusieurs fois en une seule nuit.

Aujourd’hui adulte, la témoin avait parfois du mal à mettre des dates sur les évènements qui remontent au début des années 1990, mais elle a donné d’abondants détails sur les gestes sexuels.

Athlète prometteuse, elle voyageait beaucoup avec son entraîneur, au Canada, aux États-Unis et en Europe, comme d’autres jeunes filles du club. Il saisissait toutes les occasions pour se retrouver seul avec elle, affirme la femme.

« Les excuses sont toutes bonnes pour avoir du sexe. C’était ça la nature de la relation », a-t-elle raconté.

Elle n’avait pas envie de coucher avec lui mais faisait « docilement » ce qu’il lui demandait, dit-elle. La gymnastique coûtait cher, sa famille n’avait pas nécessairement les moyens de payer tout ce qui aurait pu être exigé pour un programme de ce niveau. Avec Michel Arsenault, elle avait un passe-droit, se souvient-elle.

« Je n’avais pas besoin de payer, et le sexe compensait pour ça. C’était comme si je lui vendais mon corps. Je n’avais rien d’autre à offrir, mais je voulais donc être une championne ! » a raconté la femme avec aplomb.

L’accusé, qui demeure en liberté pendant les procédures, a suivi le témoignage extrêmement attentivement, enlevant puis remettant constamment ses lunettes, griffonnant frénétiquement des notes avec un stylo rouge dans ses papiers, fouillant sa documentation pour retrouver des pièces relatives aux propos de la femme.

L’avocate de la défense, Me Roxane Hamelin, a mené un contre-interrogatoire serré en remettant en question plusieurs points du témoignage, tant en ce qui a trait aux dates qu’à l’état d’esprit de la victime au moment des faits allégués. Elle lui a notamment demandé si elle avait l’impression d’avoir été manipulatrice avec son entraîneur.

L’enquête préliminaire se poursuit mardi.

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