Une élue témoigne contre un homme accusé de la harceler

Excédée de se faire harceler depuis 20 ans par le même homme, Sue Montgomery, mairesse de l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, a témoigné hier au procès d’un Montréalais de 58 ans, en disant craindre pour sa sécurité et celle de sa famille.

Robert Michael Edgar, aussi connu sous le nom de Robin Edgar, est accusé de menaces envers la mairesse et d’avoir contrevenu à une ordonnance l’empêchant de communiquer avec elle.

« Je pense beaucoup à l’incident de Pauline Marois, quand Henry Bain a tenté de la tuer », a commenté Mme Montgomery, à l’extérieur de la salle d’audience, au palais de justice de Montréal.

« La police me dit qu’il n’est pas violent, mais c’est de la violence psychologique. Les Henry Bain, Marc Lépine, Valery Fabrikant, tous ces gens qui ont fini par en tuer d’autres n’avaient pas d’historique de violence. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Et cet homme a clairement une obsession à mon sujet, depuis 20 ans, et je veux seulement qu’il arrête. »

Contre l’Église unitarienne

Robin Edgar, un ancien photographe, est en campagne depuis plusieurs années contre l’Église unitarienne, qu’il accuse « d’injustices, d’abus et d’hypocrisie », notamment dans un blogue ainsi qu’en s’installant pour protester avec des affiches à l’extérieur des lieux de culte de cette religion.

Sue Montgomery fréquente elle-même une église unitarienne. Il y a quelques années, alors qu’elle était journaliste judiciaire pour The Gazette, le protestataire lui avait demandé d’écrire au sujet des allégations qu’il colportait, ce qu’elle avait refusé.

Depuis, Robin Edgar l’accuse de contribuer à dissimuler les malversations qu’il attribue à l’Église. Quand Mme Montgomery a été élue mairesse en octobre 2017, il a multiplié ses interventions pour propager ses accusations à son endroit.

L’année dernière, exaspérée, elle a appelé la police parce qu’Edgar la visait par ses protestations à la sortie d’une célébration religieuse. Il a été accusé, et a dû s’engager à ne plus tenter de communiquer avec elle afin d’être libéré.

« C’était un abus de pouvoir, parce qu’elle a essayé de me faire arrêter », a soutenu Robin Edgar lors de son témoignage en cour.

Question à Valérie Plante

Il devait se défendre hier de ne pas avoir respecté ses conditions lorsqu’il s’est rendu à une séance du conseil municipal, en mars 2018. Il a alors demandé à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ce qu’elle pensait du comportement de Mme Montgomery. Mme Plante a refusé de lui répondre, « en raison du harcèlement qu’il exerce à l’endroit de Mme Montgomery ».

Le débat, devant le juge Dennis Galiatsatos, visait donc à déterminer si la question de Robin Edgar au conseil municipal pouvait être considérée comme une façon de communiquer avec Sue Montgomery, ce qui représenterait un non-respect de condition. Le juge a pris la question en délibéré.

Robin Edgar doit avoir son procès sur les accusations de menaces le 23 avril.

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