ABI: Legault invite le syndicat à faire des concessions en raison «des salaires très importants»

QUÉBEC | Le premier ministre François Legault invite le syndicat des employés de l’Aluminerie de Bécancour (ABI), en lock-out depuis 14 mois, à faire des concessions, notamment parce qu’ils touchent déjà de bons salaires.

«Oui, je pense que le syndicat, étant donné les salaires très importants, pourrait faire des concessions», a indiqué M. Legault, lors d’une mêlée de presse, mercredi.

«Il y a peut-être des concessions à faire aussi du côté patronal», a-t-il ensuite ajouté, sans préciser lesquelles.

Le premier ministre considère cependant nécessaire de rencontrer les deux partis pour avoir une meilleure idée de leurs demandes respectives, ce qui devrait être fait en début de semaine prochaine.

«Je vais essayer de demander aux deux partis de faire un effort spécial. Peut-être me faire une idée aussi sur quel parti est le moins raisonnable», a-t-il également indiqué.

Malgré les 14 mois de lock-out, il n’est pas question pour le gouvernement Legault d’intervenir en adoptant une loi spéciale qui forcerait le redémarrage d’ABI, au Centre-du-Québec.

«Pour l’instant, c’est un conflit qui est privé», a donné comme justification M. Legault.

Par ailleurs, le premier ministre a critiqué la décision du gouvernement Couillard d’avoir signé une entente avec ABI qui permet à l’entreprise de ne plus payer sa facture d’électricité en cas de lock-out.

«Le contrat d’Hydro-Québec, c’est du “stuff” de junior. […] Je suis tombé en bas de ma chaise de voir qu’on peut utiliser un lock-out comme supposé cas de force majeure pour annuler un contrat qui va faire perdre plus de 200 millions $ par année à Hydro, donc aux Québécois», a dit M. Legault.

Cependant, il n’est pas possible de modifier ce contrat, car il est «blindé et en bonne et due forme», a-t-il indiqué.

Positif

Pour sa part, le ministre du Travail, Jean Boulet, dit «demeurer positif» et croit qu’une entente «se rapproche».

«Les partis doivent reprendre le dialogue, négocier, et faire suite à leur volonté clairement exprimée de trouver un terrain d’entente», a-t-il indiqué, lors d’une mêlée de presse.

Le ministre ne croit pas par ailleurs qu’Alcoa, entreprise américaine, envisage pour l’instant de mettre la clé sous la porte.

Quelque 1030 employés de l’Aluminerie de Bécancour sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018 à la suite de la décision d’Alcoa et de Rio Tinto Alcan de fermer temporairement l’usine.

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