Des milliers de taxis convergent vers le MTQ au centre-ville de Montréal

Les chauffeurs de taxi ont immobilisé leurs véhicules sur le boulevard René-Lévesque, à Montréal.

Les chauffeurs de taxi ont immobilisé leurs véhicules sur le boulevard René-Lévesque, à Montréal. (Photo: Denis Lalonde)

Les chauffeurs de taxi, qui avaient menacé plus tôt cette semaine de reprendre les moyens de pression, sont passés à l’acte vendredi matin, convergeant vers le centre-ville de Montréal.

«Il faut qu’on s’exprime. Et le gouvernement ne veut pas écouter, alors les moyens… On veut dire aux gens qu’on est en colère contre le gouvernement qui ne veut pas écouter l’industrie du taxi; il ne veut pas écouter les familles. Il y a un désespoir… On demande aux gens de s’exprimer en manifestant de façon pacifique et civilisée», a expliqué Abdallah Homsy, l’un de leurs porte-parole, en entrevue jeudi. 

En fait, quatre contingents de voitures taxis sont arrivés du nord, du sud, de l’est et de l’ouest, jusqu’aux bureaux du ministère des Transports (MTQ), sur le boulevard René-Lévesque Ouest, au centre-ville de Montréal.

Rendus sur place, ils ont stationné leur véhicule pour exprimer leur colère envers la déréglementation de l’industrie projetée par le ministre des Transports, François Bonnardel.

Bon nombre de manifestations sont prévues ailleurs au Québec. Des manifestations en appui à celle de Montréal auront lieu à Sept-Îles, Matane, Rimouski, Rivière-du-Loup, Gaspé et au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a-t-on indiqué jeudi soir. 

Ces chauffeurs protestent contre la réforme qui prévoit notamment abolir le contingentement, ce qui fera chuter la valeur des permis de taxi.

Québec leur offre 250 millions $ en dédommagement, pour une deuxième année consécutive, mais ceux-ci trouvent la somme globale de 500 millions $ insuffisante, puisque l’ensemble des permis avait une valeur totalisant 1,3 milliard $ avant l’arrivée d’Uber.

«Tous les propriétaires de taxis sont invités à y aller pour manifester. Tant et aussi longtemps que le gouvernement ne nous écoutera pas, on va continuer à manifester, des fois à Montréal, des fois à Québec. C’est le seul moyen, à part le dialogue. Et le dialogue, on l’a essayé lundi» dernier, en vain, a déploré M. Homsy.

Lundi dernier, des représentants des chauffeurs avaient rencontré des fonctionnaires du ministère des Transports pour leur demander notamment de faire une étude sur les répercussions de la déréglementation de l’industrie, incluant les coûts sociaux. Ils revendiquaient aussi une pause dans le cheminement du projet de loi pour laisser la place au dialogue.

Bonnardel: «Je les comprends»

À Québec, le ministre Bonnardel a encore défendu son projet de loi, se disant convaincu qu’«on a trouvé un bel équilibre entre la pérennité du taxi traditionnel et les nouvelles technologies».

Il a soutenu avoir, dans sa réforme, «donné beaucoup de points qu’eux souhaitaient voir dans cette loi». Il les a encore une fois invités à participer aux consultations sur le projet de loi afin de le bonifier, le cas échéant.

Il dit comprendre leur mécontentement malgré tout. «Je les comprends. Quand il y a des changements, il y a des bouleversements.»

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