Les Germain pressent l’État de taxer directement Airbnb et Expedia

Les gouvernements n’ont pas d’excuses pour ne pas taxer entièrement les géants Airbnb, Expedia et Booking, ont martelé hier les hôteliers Christiane et Jean-Yves Germain.

À l’heure actuelle, la TPS et la TVQ ne sont perçues que par les hôtes Airbnb qui touchent au moins 30 000 $ par année par le biais de cette plateforme de location d’appartements. Airbnb perçoit pourtant la taxe sur l’hébergement de 3,5 % et la remet au gouvernement, peu importe les revenus annuels des hôtes.

« Airbnb pourrait collecter la TPS et TVQ. Ils collectent déjà la taxe de 3,5 %. Ces compagnies-là, t’as juste à leur demander et elles vont se plier. Elles veulent être en règle », a affirmé Mme Germain après un événement du Cercle canadien.

Expedia plus vite que le fisc

Les deux entrepreneurs estiment également que Revenu Québec devrait serrer la vis aux multinationales du voyage en ligne Expedia et Booking.

Celles-ci ne remettent aux hôteliers qu’une partie des taxes exigibles lorsque les clients paient leurs réservations à l’avance.

Par exemple, pour une nuitée à 200 $ plus taxes, Expedia versera 160 $ plus taxes à l’hôtelier, puisque l’entreprise retient une commission de 40 $ (20 % du total avant taxes).

Or, Expedia ne paie pas de TPS ni de TVQ sur sa commission, de sorte que Québec et Ottawa sont privés de 6 $ par rapport à un client qui aurait payé sa chambre directement à l’hôtel.

« On a signalé ce problème à Revenu Québec il y a longtemps », déplore Jean-Yves Germain.

Dans son premier budget, déposé il y a 10 jours, le ministre des Finances, Éric Girard, s’est contenté d’obliger les autres plateformes de location d’appartements, comme HomeAway, à facturer la taxe sur l’hébergement, mais il n’a rien annoncé en ce qui a trait à la TVQ.

M. Germain incite par ailleurs la Ville de Montréal à suivre l’exemple de Québec pour ce qui est de l’encadrement de la location d’appartements par des particuliers.

Québec, un modèle à suivre ?

À partir du 1er juin, les résidents de Québec ne pourront louer que leur résidence principale, et ce, pour un maximum de 90 jours par année.

Ils devront obtenir un permis au coût de 50 $ par année.

À Montréal, la réglementation actuelle vise seulement ceux qui louent des appartements de façon régulière, et ce, sur Le Plateau-Mont-Royal et au centre-ville.

« Si tu loues un appartement 300 soirs par année et que tu n’as pas les dépenses et les taxes que nous, nous avons à payer comme hôteliers, c’est sûr que ça devient intéressant », a noté Jean-Yves Germain.

Le Groupe Germain compte 18 hôtels dans sept provinces.

Deux sont en construction à Ottawa et à Calgary.

D’ici 2025, l’entreprise a pour ambition d’avoir une trentaine d’établissements Alt, Le Germain et Alt+.

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