Les impacts économiques de la laïcité

Le projet de loi sur la laïcité est sur toutes les lèvres dans la communauté d’affaires maghrébine, et plusieurs ne cachent pas leur inquiétude.

«Le Québec n’est plus un endroit où on peut investir!», a lancé Abderrahim Khouibaba, président de la Chambre de commerce et d’industrie Al Maghreb au Canada (CCIMC), qui craint l’influence de la nouvelle loi sur les entreprises privées.

Lundi, une délégation d’investisseurs provenant des États-Unis était en visite à Saint-Adèle, dans les Laurentides, à l’invitation de la CCMIC.

«Il ne faudrait pas que ça ait un coût dans le gabarit d’investissement des pays maghrébins au niveau du Québec», a souligné Jean-Jacques Njoh Ewane, PDG d’Africa Marketing Agency. Cet investisseur africain, venu de New York, suit le dossier de près.

De son côté, Fouzia Ftiss, une entrepreneure qui organise des événements dans les écoles, ne cache pas ses craintes.

«Là, quand je viens avec mon staff, la plupart de mon staff, ce sont des femmes voilées, a souligné la femme qui est à la tête de la compagnie Meknes Events. Je dis, comme “non, tu ne peux pas travailler avec moi”. Ça fait longtemps qu’elles sont là, avec moi. Ça fait plus de cinq ans.»

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) reconnaît que la loi sur la laïcité posera un nouveau défi de gestion dans les secteurs publics et parapublics. Pour les commissions scolaires, par exemple.

«On va avoir des difficultés d’attraction et de recrutement, craint Yves-Thomas Dorval, PDG du CPQ. Donc, il va y avoir des enjeux particuliers pour ces employeurs.»

Mais, à long terme, la fédération qui représente les PME ne s’inquiète pas d’éventuels impacts négatifs sur l’économie.

«Et, vous savez, on ne sera pas la première société à adopter ce type de législation là, a fait remarquer Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Il y en a ailleurs dans le monde. Il y en a, entre autres, en France.»

Dans les milieux d’affaires, la laïcité est jugée comme un sujet délicat. Pour cette raison, plusieurs organisations, comme la Fédération des chambres de commerce, préfèrent attendre avant de prendre position.

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