Mitsubishi Heavy vole au secours de son programme d’avion régional MRJ

Le groupe diversifié japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) a annoncé mercredi un plan de recapitalisation de la filiale qui conçoit l’avion régional MRJ dont le calendrier est très en retard en raison de problèmes techniques.

Le Mitsubishi Regional Jet (MRJ), un avion de moins de 100 places censé concurrencer les appareils des canadien Bombardier et brésilien Embraer, coûte bien plus cher que prévu et rencontre de multiples difficultés.

MHI va injecter 170 milliards de yens dans Mitsubishi Aircraft en situation d’insolvabilité, ce qui va élever la part du premier dans le second à 86,7% contre 64%. MHI va en outre renoncer à une créance de 50 milliards, le tout revenant à aider sa filiale à hauteur de 220 milliards de yens (1,7 milliard d’euros).

De plus, le fabricant du Mitsubishi Regional Jet (MRJ) est poursuivi devant une cour américaine par son concurrent Bombardier qui l’accuse d’avoir obtenu des données commerciales confidentielles de la part d’ex-employés de l’avionneur canadien.

Après la publication du plan d’aide à Mitsubishi Aircraft, l’action MHI a ponctuellement chuté de près de 2% à la Bourse de Tokyo avant de se redresser pour finir en petite hausse, dans un marché qui a bondi de 2,16%.

Cette opération n’aura pas d’impact sur les comptes de MHI, a souligné le groupe qui présentait mercredi ses résultats pour le premier semestre de l’exercice 2018/19.

Il a fait état d’un bénéfice net de 25,5 milliards de yens, après une perte de 3 milliards un an plus tôt, un rebond découlant d’une amélioration dans le domaine de l’énergie et des équipements d’infrastructures.

Son résultat d’exploitation a été quasiment triplé sur un chiffre d’affaires en légère progression de 2,4% à 1872 milliards de yens.

L’activité énergie a vu ses ventes et profits augmenter grâce aux équipements pour centrales nucléaires et thermiques à cycle combiné, ainsi qu’aux moteurs d’avions, également intégrés dans l’activité « énergie, propulsion ».

La division des équipements industriels et pour infrastructures s’est également bien comportée, avec des ventes en progression grâce entre autres aux turbochargeurs ou aux équipements pour le secteur de la logistique.

Les comptes se sont en revanche nettement dégradés dans son activité aéronautique, qui comprend, au côté des matériels militaires, les avions civils et les pièces afférentes (que MHI produit notamment pour Boeing) ainsi que le MRJ.

Pour l’ensemble de l’exercice qui s’achèvera en mars 2019, le premier aux normes comptables IFRS, MHI a cette fois encore maintenu ses prévisions: il vise toujours un chiffre d’affaires de 4200 milliards de yens, un bénéfice d’exploitation de 160 milliards de yens et un gain net de 80 milliards de yens.

En se basant sur les normes japonaises J-GAAP qu’il utilisait jusqu’à l’an passé, cela représenterait une hausse de 13,5% de son résultat net.

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