Pourquoi Groupe TVA se dit victime d’iniquité

MONTRÉAL – Le Groupe TVA a lancé une campagne afin de dénoncer une réglementation de plus en plus obsolète dans l’attribution des revenus d’abonnement aux chaînes spécialisées.

Mario Dumont a voulu expliquer les raisons derrière la campagne, vendredi, admettant d’emblée qu’il était en conflit d’intérêts flagrant.

«Devant une injustice, même quand on est intéressé, il est tout à fait dans l’ordre des choses d’expliquer les situations, de mettre en contexte ce qu’elles représentent et de partager la réalité avec le public parce qu’en fin de compte, si vous êtes abonnés au câble, c’est votre argent», a justifié l’animateur.

Un avantage historique

Les chiffres ne mentent pas: les parts d’écoute des chaînes spécialisées de Bell – qui reçoit 49 % des revenus d’abonnement au Canada – sont en baisse depuis l’apparition de celles lancées par d’autres compagnies, dont le Groupe TVA. Si bien qu’en 2017, les parts d’écoute des chaînes spécialisées du Groupe TVA dépassaient celles de Bell.

Pourtant, les revenus d’abonnements, eux, n’ont pas suivi. Bell reçoit toujours la part du lion en raison de réglementations du CRTC qui favorisent les privilèges historiques des anciens monopoles, explique Mario Dumont.

«Bell a perdu des parts de marché, mais parce qu’ils étaient là avant, ils ont gardé des revenus», a-t-il expliqué.

À titre d’exemple, une chaîne comme VRAK (Bell) engendre plus de revenus d’abonnement que la chaîne d’information spécialisée LCN (Groupe TVA), pourtant l’une des chaînes les plus syntonisées au Québec derrière les généralistes.

«VRAK, c’est un très beau produit. Ils font du très beau travail et je ne suis pas là pour critiquer le travail des artistes et artisans qui sont là, mais VRAK, en parts d’écoute, c’est beaucoup moins que LCN. Pourtant, sur l’abonnement, VRAK vaut plus que LCN», a dit Mario Dumont.

D’autant plus que pour offrir un contenu pertinent et intéressant aux téléspectateurs, ce sont des investissements massifs qui ont dû être réalisés. Pour une chaîne comme TVA Sports, ce sont des droits de diffusion, des équipes sur le terrain, des animateurs et des équipes techniques qu’il faut payer.

«Vous voyez tout de suite la difficulté ou l’impossibilité, s’il n’y a pas d’adaptation du modèle [de revenus sur l’abonnement], de maintenir tout ça», a souligné l’animateur.

Contenu similaire