Clôture de Wall Street : en recul, les doutes l’emportent

Clôture de Wall Street : en recul, les doutes l’emportent

Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a terminé dans le rouge jeudi, après l’échec du sommet Trump-Kim, et alors que le doute s’installe sur la nature de l’accord qui pourrait sortir des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. L’activité manufacturière de la Chine s’est contractée en février pour le 3ème mois consécutif, et la croissance indienne a ralenti en 2018, à 6,6%. A l’inverse, l’annonce d’une croissance plus forte que prévu au 4ème trimestre aux Etats-Unis n’a pas suffi à remonter le moral des investisseurs, ni la nouvelle confirmation par Richard Clarida, le vice-président de la Fed, que la banque centrale sera patiente avant de reprendre sa hausse des taux.

A la clôture, l’indice Dow Jones a cédé 0,27% à 25.916 points, tandis que l’indice large S&P 500 a reculé de 0,28% à 2.784 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,29%, pour finir à 7.532 pts.
Le Dow Jones et le S&P 500 ont désormais reculé pendant 3 séance consécutives tandis que le Nasdaq a baissé 2 fois en trois séances.

Sur le marché des changes, l’indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de devises de référence, a légèrement progressé de 0,02% à 96,17 points, tandis que l’euro a lui aussi avancé de 0,07% à 1,1378$. Sur les marchés obligataires américains, les taux d’intérêts se sont une nouvelle fois tendus : le rendement du T-Bond à 10 ans a bondi jeudi de 4 points de base à 2,72% et a regagné 8 points de base en deux séances.

Pas d’accord nucléaire sur la Corée du nord, mais un accord commercial en vue avec la Chine

Le pétrole a fini en ordre dispersé Le contrat à terme de mars sur le brut léger américain WTI a gagné 0,49%, à 57,22$ le baril, tandis que l’échéance d’avril sur le Brent (qui est arrivé à échéance ce jeudi) a cédé 0,54%, à 66,03$ le baril. Le WTI et le Brent sont revenus depuis le début de la semaine près de leurs plus hauts niveaux depuis plus de 3 mois.

Donald Trump et Kim Jong Un ont donc conclu sur un échec leur sommet consacré à la dénucléarisation de la Corée du Nord. Le président américain a indiqué jeudi que les Nord-Coréens avaient exigé une levée totale des sanctions économiques, ce que Pyongyang a démenti, affirmant avoir demandé une levée partielle de ces sanctions. Jusqu’à mercredi, les protagonistes s’était montrés optimistes sur la conclusion d’un accord.

Sur le dossier commercial, les Etats-Unis et la Chine semblent désormais s’approcher de la conclusion d’un accord, selon des sources proches des négociations.

Selon des sources citées jeudi par l’agence ‘Bloomberg’, un accord complet pourrait être prêt à signer « dans les prochaines semaines ». Un nouveau sommet pourrait ainsi se tenir dès la mi-mars entre Donald Trump et Xi Jinping, selon une de ces sources.

Robert Lighthizer s’inquiète de l’application de l’accord par Pékin

Ces informations n’ont toutefois pas suffi à soutenir les marchés financiers, qui s’interrogent désormais sur la teneur de cet accord et sur son respect par la Chine, qui s’est souvent par le passé soustraite à ses engagements… Ainsi, dès mercredi, Robert Lighthizer, le représentant américain au commerce — considéré comme un « faucon » en matière commerciale–, s’est montré prudent, en insistant sur l’importance de faire respecter l’accord lorsqu’il sera signé.

Lors d’une audition devant la Chambre des représentants, M. Lighthizer a rappelé que l’objectif était d’obtenir un accord se traduisant par un changement draconien des pratiques commerciales actuelles de la Chine, citant le transfert forcé des technologies américaines ou les subventions des entreprises d’Etat chinoises.

Cet accord devra être « quantifiable » et « mis en oeuvre à tous les niveaux du gouvernement », a martelé le responsable américain, rappelant que par le passé, « dans de très rares cas, ils (les Chinois) avaient respecté leurs engagements ». Interrogé sur ce qui ferait le succès d’un potentiel accord, il a cité sans hésitation « sa mise en oeuvre ». S’il n’était pas appliqué véritablement, cela n’aurait aucune valeur, a-t-il fait valoir…

L’économie mondiale continue de ralentir

Sur le plan macro-économique, de nouveaux signes de ralentissement de l’économie mondiale se sont manifestés ce jeudi, malgré l’annonce d’une hausse plus forte que prévue du PIB des Etats-Unis au 4ème trimestre 2018.

En Chine, l’activité manufacturière s’est contractée en février, tombant au plus bas depuis trois ans, du fait du plus important ralentissement des commandes à l’exportation depuis la crise financière de 2008. L’indice PMI manufacturier officiel s’est établi à 49,2 contre un consensus de 49,5, et après 49,5 en janvier.

Toujours en Asie, le PIB de l’Inde a continué à ralentir, à 6,6% sur un an, une nouvelle déception pour le gouvernement de Narendra Modi à l’approche des élections générales. La croissance avait déjà déçu au T3, à 7,1%, après une hausse de 8,2% au T2. L’Institut des statistiques indien cite une faible consommation des ménages et un ralentissement de l’investissement.

L’économie américaines résiste plutôt bien jusqu’ici

Aux Etats-Unis, l’économie a également ralenti au 4ème trimestre, mais moins que prévu. Le PIB a cru de 2,6% en rythme annuel au 4ème trimestre (1ère estimation), après 3,4% au 3ème trimestre et 4,2% au 2ème trimestre. Les économistes s’attendaient à une croissance limitée à 2,2% au T4.
Sur l’ensemble de l’année 2018, la croissance du PIB a ainsi atteint 2,9%, au plus haut en treize ans, mais un peu en deçà de l’objectif de 3% et plus, de l’administration Trump. En 2017, la croissance du PIB avait été de 2,2% outre-Atlantique.

En outre, l’indice manufacturier américain PMI de Chicago est ressorti bien supérieur aux attentes en février, à 64,7 contre un consensus de place de 56,1 et après 56,7 en janvier. L’indice du mois de février a notamment profité de la très forte progression des commandes nouvelles. Il signale une forte accélération de l’expansion de l’industrie manufacturière dans la région considérée.

Le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, s’est félicité jeudi de ces performances, en estimant que l’objectif de Donald Trump a été atteint. « C’est ce que j’appelle une année à 3% de croissance », s’est-il réjoui sur la chaîne ‘CNBC’. « Cela veut dire que les politiques menées marchent, comme la baisse des impôts, la dérégulation, la réforme du commerce », a ajouté M. Kudlow, citant quelques réformes phares entreprises par le président républicain.

Pour 2019, la Maison-Blanche mise sur une nouvelle expansion de 3%, mais la Réserve fédérale prévoit une croissance de 2,3% cette année dans ses dernières projections économiques.« Pour 2019, mes projections sont plus faibles (qu’en 2018), mais c’est encore solide », a déclaré jeudi le vice-président de la Fed Richard Clarida. S’exprimant lors d’une conférence organisée par la National Association of Business Economics (NABE), il a répété que la Fed serait patiente en matière de hausse des taux.

VALEURS A SUIVRE

HP Inc.(-17,2%!) Le groupe a publié mercredi soir ses résultats du premier trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 803 M$ (0,51$ par action), contre 1,45 Md$ (0,91$ par action) un an avant. Les revenus s’élèvent à 14,7 Mds$, contre 14,5 Mds$ un an plus tôt. Les revenus « Personal Systems » sont de 9,66 Mds$, contre 9,44 Mds$ il y a un an. Les revenus « Printing » sont quant à eux de 5,06 Mds$, contre 5,07 Mds$ un an plus tôt. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,52$, contre 0,48$ sur la même période de l’exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,52$, pour de revenus de 14,9 Mds$. Sur le T2 fiscal, HP vise un bpa compris entre 0,50 et 0,53$. Sur l’exercice, HP anticipe toujours un bpa compris entre 2,12 et 2,22$. Le groupe précise en outre que son chiffre d’affaires lié aux imprimantes devrait diminuer d’environ 3% pour le reste de l’exercice, sous l’effet de la faiblesse de la demande en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique…

Square (+2,4%) a présenté ses résultats du quatrième trimestre. La perte nette ressort à 28 M$ (0,07$ par action), contre une perte de 15,7 M$ un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s’affiche à 0,14$, contre 0,08$ un an plus tôt. Les revenus ajustés sont quant à eux de 464 M$, contre 283 M$ sur la même période de l’exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,13$, pour des revenus 453 M$. Sur le T1, le groupe vise un bpa compris entre 0,06 et 0,08$ (contre 0,12$ de consensus), pour des revenus logés entre 472 et 482 M$.

Booking Holdings (-10,9%) a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre. Les profits sont de 646 M$ (13,86$ par action), contre une perte de 555 M$ un an avant. En base ajustée, le bpa s’affiche à 22,49$, contre 16,86$ un an plus tôt. Les revenus s’élèvent à 3,21 Mds$, contre 2,8 Mds$ sur la même période de l’exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 19,39$, pour des revenus de 3,23 Mds$. Sur le T1, le groupe vise un bénéfice par action compris entre 10,90 et 11,20$ (contre plus de 12$ de consensus).

Monster Beverage (+8,6%) a présenté ses résultats du quatrième trimestre. Les profits sont de 239 M$ (0,43$ par action), contre 201 M$ (0,35$ par action) un an avant. Les ventes montent à 924 M$, contre 810 M$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,40$, pour des revenus de 901 M$.

L Brands (-4,6%), la maison-mère de Victoria’s Secret, a publié ses résultats du quatrième trimestre. Le résultat net s’élève à 540 M$ (1,94$ par action), contre 664 M$ un an plus tôt. En base ajustée, le bénéfice par action ressort 2,14$, contre 2,11$ un an avant. Les revenus s’affichent à 4,85 Mds$, contre 4,82 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 2,08$, pour des revenus de 4,9 Mds$. A magasins comparables, les ventes sont en croissance de 3% (-3% pour Victoria’s Secret et +12% pour Bath & Body Works), contre 2,7% de consensus. Pour 2019, le groupe vise un bpa compris entre 2,20 et 2,60$ (consensus 2,7$).

Fitbit (-13,8%) a présenté ses résultats du quatrième trimestre. Les revenus sont de 571 M$, stables par rapport à l’an dernier. Les bénéfices s’affichent à 15,4 M$ (0,06$ par action), contre une perte de 45,5 M$ (0,19$ par action) un an plus tôt. Le bpa non-GAAP ressort à 0,14$, contre une perte par action de 0,02$ un an avant. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice par action de 0,07$, pour des revenus de 568 M$. Sur le T1, le groupe vise des revenus en hausse de 1 à 8% en glissement annuel (entre 250 et 268 M$, contre 272 M$ de consensus), pour une perte par action comprise entre 0,24 et 0,22$ (consensus 0,15$).

Sotheby’s (+7,4%) a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 85,7 M$ (1,72$ par action), contre 76,7 M$ (1,43$ par action) un an avant. Les revenus grimpent de 11% à 375 M$. En base ajustée, le bpa ressort à 1,74$, contre 1,47$ sur le même période de l’exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,48$, pour des revenus de 336 M$.

JC Penney (+22,6% !) a publié ses résultats du quatrième trimestre. Les profits ressortent à 75 M$ (0,24$ par action), contre 242 M$ (0,77$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa s’affiche à 0,18$, contre 0,51$ un an plus tôt. Les revenus baissent de 8,4% à 3,79 Mds$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,11$, pour des revenus de 3,7 Mds$. A magasins comparables, les ventes baissent de 4%, contre -4,5% de consensus.

Celgene (-8,6%) dévisse, plombé par un communiqué de Wellington Management. La firme d’investissement, qui détient environ 8% de Bristol-Myers Squibb, ne pense pas que la fusion avec Celgene soit « une voie attrayante vers une entreprise qui sécuriserait la science différenciée et élargirait la base des revenus futurs ». Selon Wellington, l’acquisition demande aux actionnaires de Bristol d’accepter trop de risques alors qu’il existe « d’autres voies pour créer de la valeur ». De plus, la firme estime que les termes de l’accord « offrent des actions Bristol aux actionnaires de Celgene à un prix bien inférieur à sa valeur implicite ». Bristol-Myers pense en revanche acquérir Celgene « à un prix attractif ». Cette transaction représenterait ainsi « une opportunité unique et importante de créer une valeur durable », selon le groupe…

Keurig Dr Pepper (-6,6%) publie ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 266 M (0,19$ par action), contre 612 M$ (0,77$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 0,30$. Les ventes montent à 2,81 Mds$, contre 1,17 Md$ sur la même période de l’exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,30$, pour des revenus de 2,8 Mds$. Sur 2019, le groupe vise des ventes en croissance de 2% (contre 2,7% de consensus), pour un bpa compris entre 1,20 et 1,22$.

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