Aux Etats-Unis, une pension alimentaire versée cinquante ans après le jugement

Ce n’est que l’an dernier que Toni Anderson, 74 ans, s’est rendu compte que la loi californienne ne prévoyait aucun délai de prescription pour les arriérés de pension alimentaire.

Le Monde avec AFP Publié hier à 22h01

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Près de cinquante ans après un jugement condamnant son ex-mari à participer financièrement à l’éducation de sa fille, aujourd’hui âgée de 52 ans, une Californienne va enfin recevoir les pensions alimentaires tant attendues : 150 000 dollars (134 000 euros) avec les intérêts, selon les médias américains.

Toni Anderson, aujourd’hui âgée de 74 ans, avait épousé Don Lenhert en 1966, mais le couple s’était séparé deux ans plus tard, après avoir donné naissance à une petite fille. Dans le cadre de la procédure de divorce, un juge avait ordonné au père de contribuer financièrement à l’éducation de son enfant, à raison de 210 dollars par mois pendant trente mois, puis 160 dollars par mois jusqu’à son dix-huitième anniversaire. Mais « le premier chèque était sans provision, et ensuite il est parti au Canada avec sa copine et il a eu deux autres enfants. Il a complètement disparu », a raconté Mme Anderson à CNN.

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« Je pense qu’il est un petit peu paniqué »

Architecte d’intérieur à Los Angeles, Toni Anderson a réussi à élever seule sa fille et à lui payer l’université. Mais la septuagénaire dit désormais manquer de moyens avec sa seule retraite et est obligée de louer une partie de la maison qu’elle occupe à Carlsbad, dans le sud de la Californie, tout en continuant à travailler à temps partiel.

Ce n’est que l’an dernier que Toni Anderson s’est rendu compte que la loi californienne ne prévoyait aucun délai de prescription pour les arriérés de pension alimentaire. Grâce à Internet, elle a retrouvé la trace de son ex-mari, qui vit désormais dans l’Oregon. « Il ne me devait que 160 dollars par mois, mais ça c’était il y a cinquante ans. Aujourd’hui ça fait beaucoup plus », a résumé Mme Anderson à la télévision locale KGTV.

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Avec des intérêts à 10 % par an, la somme dépassait 170 000 dollars mais elle a été ramenée à 150 000 lors d’un règlement à l’amiable conclu mercredi entre les parties. « Je pense qu’il est un petit peu paniqué, a dit Mme Anderson, interrogée sur la réaction de son ex-mari, qui était présent au tribunal. Et j’en suis bien contente parce que j’ai été paniquée durant toutes ces années. Maintenant, c’est son tour. »

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