La Haye porte à 14 % sa participation dans Air France-KLM, proche de celle de Paris

La veille, l’Etat néerlandais avait déjà fait une incursion inattendue, en annonçant une participation de 12,68 % dans le groupe aérien, pour une somme de 680 millions d’euros.

Publié hier à 21h12, mis à jour hier à 21h21

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L’annonce, pourtant attendue, risque d’envenimer un peu plus les relations entre les Pays-Bas et la France. La Haye a annoncé mercredi 27 février au soir avoir porté à 14 % sa part au sein du capital du groupe aérien Air France-KLM. Sa participation est désormais valorisée à 744 millions d’euros, a fait savoir le gouvernement néerlandais dans un communiqué, précisant que « l’opération de rachat de parts d’Air France-KLM est achevée ».

La veille, l’Etat néerlandais avait déjà fait une incursion inattendue, en annonçant une participation de 12,68 % dans le groupe aérien. « Avec cette acquisition, le gouvernement néerlandais veut pouvoir influencer directement le développement futur d’Air France-KLM afin d’assurer de la meilleure façon possible l’intérêt public néerlandais », avait précisé Wopke Hoekstra, le ministre des finances néerlandais.

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Demande de clarification

Une acquisition visant à renforcer l’influence des Pays-Bas dans Air France-KLM, qui a suscité la stupéfaction en France. Assurant que Paris « n’a pas été informé de cette décision et de sa mise en œuvre », le président Emmanuel Macron a appelé les Pays-Bas à « clarifier » leurs intentions, estimant que « ce qui importe c’est que l’intérêt de la société soit préservé ».

Le ministre français de l’économie, Bruno Le Maire, recevra son homologue néerlandais en fin de semaine, selon Paris. M. Le Maire a d’ores et déjà critiqué une « décision incompréhensible et inattendue », estimant que « dans un environnement extrêmement concurrentiel », l’objectif devait « rester le même pour les Pays-Bas comme pour la France : le renforcement d’Air France-KLM ». Selon le quotidien de référence De Volskrant, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a personnellement averti le président Emmanuel Macron, tandis que le ministre des finances, Wopke Hoekstra, a appelé M. Le Maire, mais une fois l’opération terminée.

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Cette prise de participation est une surprise. Elle intervient après des frictions au sujet de l’avenir du patron de KLM, Pieter Elbers, que le conseil d’administration du groupe Air France-KLM a finalement proposé de reconduire dans ses fonctions le 19 février.

409 millions d’euros de bénéfices

Les dirigeants de la branche néerlandaise du groupe avaient manifesté, début février, leur inquiétude quant au non-renouvellement du mandat de leur patron en avril et averti que le personnel pourrait faire grève. La transaction fait également suite à une série de conflits sociaux chez Air France en 2018.

Air France-KLM a annoncé, le 20 février, un bénéfice net de 409 millions d’euros en 2018, soit plus du double de l’année précédente (163 millions), disant faire preuve d’une « bonne résistance » malgré les grèves et la hausse de la facture de carburant.

Air France et KLM ont fusionné en 2004, mais les deux compagnies continuent à opérer de façon largement indépendante ; la branche française a été secouée par des mouvements sociaux ces dernières années.

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